{"id":2716,"date":"2026-06-21T20:07:52","date_gmt":"2026-06-21T18:07:52","guid":{"rendered":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/?p=2716"},"modified":"2026-06-22T19:09:53","modified_gmt":"2026-06-22T17:09:53","slug":"sur-les-traces-de-la-lumiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/sur-les-traces-de-la-lumiere\/","title":{"rendered":"Sur les traces de la lumi\u00e8re"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"2716\" class=\"elementor elementor-2716\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-4173531f e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"4173531f\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-478c15a elementor-widget elementor-widget-heading elh-el heading\" data-id=\"478c15a\" data-element_type=\"widget\" data-settings=\"{&quot;design_style&quot;:&quot;style_3&quot;}\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t        <div class=\"tf-section-heading tf-section-heading__with-border pl-65\">\n            <h2 class=\"tf-title mb-0\"> Sur les traces de la lumi\u00e8re est une invitation \u00e0 lever les yeux, \u00e0 fendre le b\u00e9ton, \u00e0 laisser la flamme poursuivre son travail. Le 24 juin, \u00e0 la Mairie de Paris Centre, quinze artistes vous attendent avec leurs r\u00e9ponses, toutes diff\u00e9rentes, toutes singuli\u00e8res, chaque pi\u00e8ce un fragment d'une mosa\u00efque de lumi\u00e8re que vous seul pourrez assembler. Ce n'est pas une exposition sur la lumi\u00e8re, mais une bougie collective. Venez voir ce qu'elle fait \u00e0 ceux qui la regardent vraiment.                <span class=\"border-shape hide-after\"><\/span>\n            <\/h2>\n        <\/div>\n\n        \n        \t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-620ba176 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"620ba176\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Que la lumi\u00e8re soit ! Et la lumi\u00e8re fut. \u00bb <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">(Gen\u00e8se 1:3)<\/span><\/i><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">La formule est br\u00e8ve, silencieuse, magique, presque brutale. Et pourtant, avant m\u00eame que les formes n&#8217;apparaissent, avant m\u00eame que le monde n&#8217;ait un visage, il y a la lumi\u00e8re. Premi\u00e8re parole divine, premier acte du r\u00e9cit biblique : non pas comme un objet ou une mati\u00e8re mais une volont\u00e9.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce qui est \u00e9trange avec la lumi\u00e8re, c&#8217;est qu&#8217;elle r\u00e9v\u00e8le tout sans jamais se laisser voir elle-m\u00eame. Elle est l\u00e0 : on la ressent, on la cherche, on en a besoin, et pourtant elle \u00e9chappe \u00e0 toute d\u00e9finition mat\u00e9rielle. Elle traverse les couleurs et les regards, transforme ce qu&#8217;elle touche, et se tient s\u00fbrement \u00e0 la fronti\u00e8re entre le visible et l&#8217;invisible. Chacun court vers elle \u00e0 sa fa\u00e7on, \u00e0 travers ses pratiques, ses symboles, sa vision de la Beaut\u00e9.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019exposition <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Sur les traces de la lumi\u00e8re<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> est n\u00e9e de ce d\u00e9sir : r\u00e9unir autour d&#8217;une m\u00eame flamme quinze artistes aux histoires et aux h\u00e9ritages diff\u00e9rents, pour donner \u00e0 chacun l&#8217;opportunit\u00e9 de laisser la lumi\u00e8re \u00e9merger en lui. Non pas comme une r\u00e9ponse mais des chemins. Non pas comme une d\u00e9finition, mais une invitation.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans un contexte o\u00f9 les identit\u00e9s sont souvent r\u00e9duites \u00e0 des r\u00e9cits simplificateurs, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Sur les traces de la Lumi\u00e8re<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> affirme au contraire la pluralit\u00e9 des regards. Si certains artistes entretiennent depuis longtemps un lien fort avec leur identit\u00e9 juive, d&#8217;autres s&#8217;en sont rapproch\u00e9s depuis le 7 octobre. Non pas toujours par choix, mais parfois parce que cette identit\u00e9 leur a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e par le regard des autres, \u00e0 travers le rejet, les interrogations ou le besoin de se r\u00e9approprier une histoire. L&#8217;exposition entend faire vivre la voix de la jeunesse juive. Une voix cr\u00e9ative, multiple, et engag\u00e9e. Car la lumi\u00e8re, l&#8217;art et le juda\u00efsme se rejoignent dans une m\u00eame qu\u00eate : celle du sens, de la transmission et de ce qui nous d\u00e9passe.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Avant tout symbole, avant tout rite, l\u2019exposition pose d\u2019abord la question plastique. Comment peindre la lumi\u00e8re ? Comment la photographier sans la figer ? Comment restituer son mouvement, sa vie, son \u00e9ph\u00e9m\u00e8re ? Ce sont des questionnements presque ancestraux et obsessionnels, qui rappellent ceux des peintres flamands capturant un rayon de soleil sur une carafe, ou ceux des impressionnistes guettant l\u2019heure dor\u00e9e. Les artistes de l\u2019exposition combinent cet h\u00e9ritage artistique \u00e0 leur regard contemporain, emprunt de libert\u00e9.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Le parcours d\u00e9bute avec l\u2019huile nocturne de Aaron Cohen. L\u2019artiste saisit Paris \u00e0 l&#8217;heure trouble o\u00f9 lumi\u00e8re naturelle et lumi\u00e8re artificielle se confondent sans tout \u00e0 fait se fondre. Son pinceau capte cet instant suspendu entre deux mondes que l&#8217;\u0153il conna\u00eet mais que la main peine \u00e0 traduire.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Puis vient Eliott Belissa qui fait de la lumi\u00e8re un rythme, presque une partition. Dans ses toiles abstraites aux projections de mati\u00e8re, elle circule, intensifie les contrastes et fait vibrer la surface \u00e0 l\u2019image d\u2019une corde tendue. La lumi\u00e8re \u00e9merge de la fusion entre la mati\u00e8re et la couleur.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Enfin, Alexandra Mirisch la traite comme une \u00e9chapp\u00e9e. L\u2019artiste pose ses aquarelles d\u2019oiseaux sur un parchemin, autour d\u2019une lumi\u00e8re diffract\u00e9e en son centre. Elle vole et file vers le ciel hors d\u2019atteinte.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Loin de s\u2019arr\u00eater au simple geste pictural, l\u2019exposition retrace quelque chose de plus profond : comment la lumi\u00e8re relie le mat\u00e9riel au spirituel et comment elle devient langue, connaissance, m\u00e9moire, transmission. Dans le juda\u00efsme, elle structure les rites, porte le temps sacr\u00e9 dans le quotidien. Elle transforme le geste ordinaire en un acte spirituel, voire magique. Les bougies du Shabbat allum\u00e9es chaque vendredi soir, la M\u00e9norah miraculeuse, la m\u00e9zouza au seuil de chaque porte : autant de petites lumi\u00e8res qui ornent l&#8217;ordinaire. De l&#8217;h\u00e9ritage au geste, il n&#8217;y a qu&#8217;une flamme.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Le spectateur pourra observer les peintures Yossef Labouz, qui transforme la lumi\u00e8re en un acte de transmission, une trace vivante. Dans <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">La Maman de Shabbat<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, une jeune fille se couvre les yeux pour la b\u00e9n\u00e9diction, son visage encadr\u00e9 par deux flammes, absorb\u00e9 dans la pri\u00e8re. Dans <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Hanoukka hypnotique<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, le m\u00eame regard d&#8217;enfant fascin\u00e9 rappelle que les trente-six bougies allum\u00e9es sur huit nuits font \u00e9cho, selon le Talmud, aux trente-six heures pendant lesquelles Adam v\u00e9cut sous la lumi\u00e8re du premier jour. Les enfants deviennent alors de passeurs, qui instiguent l\u2019avenir.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Plus loin, la m\u00e9zouza. Fix\u00e9e au montant de chaque porte, elle renferme un fragment de Torah, inscrit \u00e0 la main sur un parchemin. Sur l&#8217;\u00e9crin, la lettre <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Shin<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> : trois branches qui montent comme des flammes. Franchir le seuil, c&#8217;est fr\u00f4ler la connaissance. Scheindel Becker s&#8217;empare de ce symbole dans son cycle <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Sept portes de m\u00e9moire<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> : sept m\u00e9zouzot qui retracent les grandes \u00e9tapes de l&#8217;histoire juive. Les dorures, les laques, les reflets cuivr\u00e9s font de chaque pi\u00e8ce un \u00e9clat de m\u00e9moire travers\u00e9 par les si\u00e8cles. La lumi\u00e8re, ici devient un parchemin d\u2019histoire, de m\u00e9moire et de r\u00e9silience.<\/span><\/p><p><i><span style=\"font-weight: 400;\">Sur les traces de la lumi\u00e8re <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">pose alors une derni\u00e8re question, peut-\u00eatre la plus difficile : que faire quand la lumi\u00e8re vacille ? Dans le juda\u00efsme, elle n&#8217;est jamais acquise. Elle se conquiert et persiste malgr\u00e9.\u00a0 Car la lumi\u00e8re n&#8217;existe pas sans son contraire. Elle n&#8217;est compl\u00e8te que lorsque l&#8217;obscurit\u00e9 l&#8217;embrasse, la menace puis la met \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve. Les deux ne s&#8217;excluent pas, ils se d\u00e9finissent. Et c&#8217;est peut-\u00eatre l\u00e0 que r\u00e9side la singularit\u00e9 de cette tradition : la lumi\u00e8re n&#8217;y est pas un \u00e9tat, c&#8217;est un chemin. Un chemin que l&#8217;exposition cherche \u00e0 cartographier, de trace en trace.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Evelyne Giudici en fait une pri\u00e8re dans son \u0153uvre <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Lever les yeux aux ciels<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">. Sur une toile de trois m\u00e8tres, un personnage l\u00e8ve les yeux vers le ciel : ses yeux baign\u00e9s de larmes racontent la douleur qui traverse l&#8217;histoire juive, celle des attentats, des guerres, des massacres. La lumi\u00e8re ici est fragile, presque cach\u00e9e. Mais elle est l\u00e0, quelque part au bout du regard. Une trace d&#8217;espoir, silencieuse et t\u00eatue.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Benjamin Gabbay, lui, r\u00e9pond de fa\u00e7on plus tellurique. Pour obtenir David, il faut n\u00e9cessairement se battre contre des Goliath : c&#8217;est sa devise, et ses sculptures <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Daat <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">(connaissance) et <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Ahava<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> (amour) en sont la d\u00e9monstration. Il fait \u00e9merger la lumi\u00e8re de l&#8217;\u00e9paisseur du b\u00e9ton, celui des tunnels o\u00f9 des otages ont \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9s pendant des semaines, des mois, dans des conditions invivables. Au centre de chaque pi\u00e8ce, une ampoule, fragile, presque d\u00e9risoire, illumine les fissures de la mati\u00e8re. La lumi\u00e8re ici n&#8217;est pas un triomphe. C&#8217;est un miracle surgissant de l&#8217;obscurit\u00e9 la plus totale. L\u2019image m\u00eame de la r\u00e9silience. De l&#8217;espoir qui l\u00e8ve les yeux au miracle qui fend le b\u00e9ton, la lumi\u00e8re dans cette exposition ne brille jamais sans avoir d&#8217;abord travers\u00e9 la nuit.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Que la lumi\u00e8re soit. \u00bb La parole est dite depuis des mill\u00e9naires, aussi affirm\u00e9e et myst\u00e9rieuse soit-elle. C\u2019est pourquoi la lumi\u00e8re ne se conclut pas ! Elle poursuit son cheminement dans les toiles qui s\u00e8chent, dans les bougies qui s&#8217;\u00e9teignent, dans les regards qui cherchent encore.<\/span><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur les traces de la lumi\u00e8re est une invitation \u00e0 lever les yeux, \u00e0 fendre le b\u00e9ton, \u00e0 laisser la flamme poursuivre son travail. Le 24 juin, \u00e0 la Mairie de Paris Centre, quinze artistes vous attendent avec leurs r\u00e9ponses, toutes diff\u00e9rentes, toutes singuli\u00e8res, chaque pi\u00e8ce un fragment d&#8217;une mosa\u00efque de lumi\u00e8re que vous seul pourrez assembler. Ce n&#8217;est pas une exposition sur la lumi\u00e8re,&#8230; <\/p>\n<p class=\"more\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/sur-les-traces-de-la-lumiere\/\">Read More<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":61,"featured_media":2733,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"spay_email":"","footnotes":""},"categories":[41,48],"tags":[],"class_list":["post-2716","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-arts-et-lettres","category-tous-les-articles","is-cat-link-borders-light is-cat-link-rounded"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/files\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-22-a-18.35.41.png","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2716","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/users\/61"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2716"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2716\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2738,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2716\/revisions\/2738"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2733"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2716"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2716"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2716"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}