{"id":2639,"date":"2026-05-28T02:33:46","date_gmt":"2026-05-28T00:33:46","guid":{"rendered":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/?p=2639"},"modified":"2026-05-31T05:00:40","modified_gmt":"2026-05-31T03:00:40","slug":"heureux-comme-un-juif-en-georgie-enquete-chez-les-juifs-des-montagnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/heureux-comme-un-juif-en-georgie-enquete-chez-les-juifs-des-montagnes\/","title":{"rendered":"Heureux comme un Juif en G\u00e9orgie ? :  Enqu\u00eate chez les Juifs des montagnes."},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"2639\" class=\"elementor elementor-2639\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-c6e7c35 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"c6e7c35\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-57e3bd3 elementor-widget elementor-widget-heading elh-el heading\" data-id=\"57e3bd3\" data-element_type=\"widget\" data-settings=\"{&quot;design_style&quot;:&quot;style_3&quot;}\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t        <div class=\"tf-section-heading tf-section-heading__with-border pl-65\">\n            <h2 class=\"tf-title mb-0\">Entre les montagnes du Caucase et les rues de Tbilissi flotte une \u00e9trange familiarit\u00e9 : ici, les synagogues n\u2019ont pas de vigiles, les chauffeurs de taxi b\u00e9nissent Isra\u00ebl, et les Juifs semblent appartenir au paysage national depuis toujours. De la m\u00e9moire des villages jud\u00e9o-g\u00e9orgiens aux grandes tables de Shabbat du Beth Chabad, en passant par les traces d\u2019un exode massif vers Isra\u00ebl, cette enqu\u00eate part \u00e0 la rencontre d\u2019une communaut\u00e9 m\u00e9connue, install\u00e9e en G\u00e9orgie depuis plus de deux mill\u00e9naires. \u00c0 travers les r\u00e9cits, les ruines, les chants en kivrouli et les nostalgies crois\u00e9es, elle interroge un paradoxe troublant : comment un pays presque vid\u00e9 de ses Juifs peut-il continuer \u00e0 appara\u00eetre comme l\u2019un des endroits les plus accueillants au monde pour eux ?                <span class=\"border-shape hide-after\"><\/span>\n            <\/h2>\n        <\/div>\n\n        \n        \t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-6fd6a9d8 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"6fd6a9d8\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-44fc7a49 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"44fc7a49\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il suffit qu\u2019un rayon de soleil balaie les toits de Tbilissi pour qu\u2019un \u00e9trange sentiment de familiarit\u00e9 s\u2019empare de ses rues. Sur l\u2019avenue Rustaveli, on voit des vieilles dames vendre du vin et des jus, pressant d\u2019immenses grenades et d\u2019infinies grappes de raisins noirs pour quelques laris ; plus loin, les \u00e9tals du Dezerter Bazaar r\u00e9pandent des odeurs d\u2019\u00e9pices en tout genre qui \u00e9veillent mes sens et font danser quelques souvenirs de Mahane Yehouda. \u00c0 cette impression diffuse s\u2019ajoute m\u00eame la langue g\u00e9orgienne : avec ses gutturales et son alphabet en arabesques, elle me donne parfois l\u2019\u00e9trange sensation d\u2019entendre et de lire l\u2019h\u00e9breu \u00e0 chaque coin de rue. Ainsi, des caf\u00e9s branch\u00e9s aux climatiseurs apparents accroch\u00e9s aux vieux immeubles brutalistes, je peux le dire : aussi surprenant que cela puisse para\u00eetre, jamais un endroit ne m\u2019aura autant rappel\u00e9 Isra\u00ebl sans l\u2019\u00eatre.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Peut-\u00eatre pourrait-on y voir les restes d\u2019un orientalisme slave que je tiens de ma grand-m\u00e8re polonaise, n\u00e9e en Crim\u00e9e, pour qui la \u00ab Gruzie \u00bb restera toujours le Moyen-Orient de l\u2019Union sovi\u00e9tique. Peut-\u00eatre pourrait-on dire aussi, plus simplement et plus objectivement, que la G\u00e9orgie est le premier pays &#8211; Isra\u00ebl exclu, il va sans dire &#8211; qu\u2019il m\u2019est donn\u00e9 de visiter o\u00f9 il fait si bon vivre pour les Juifs. Si bien qu\u2019en remontant la rue, les yeux \u00e0 demi pliss\u00e9s, mon cerveau refuse presque d\u2019enregistrer que le nom inscrit sur les fa\u00e7ades est bien Marjanishvili et non Dizengoff.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Le chauffeur de taxi m\u2019a demand\u00e9 d\u2019o\u00f9 je venais. Pour une fois, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de dire la v\u00e9rit\u00e9. Il m\u2019a cri\u00e9 : \u201cLongue vie aux Juifs et \u00e0 Isra\u00ebl !\u201d \u00c7a m\u2019a surpris : il avait l\u2019air si intimidant avec sa cicatrice de taulard et son chapelet accroch\u00e9 au r\u00e9troviseur int\u00e9rieur. Et puis, d\u2019un coup, c\u2019\u00e9tait comme si son visage s\u2019\u00e9tait illumin\u00e9 \u00bb me raconte Nimrod, assis \u00e0 ma gauche \u00e0 l\u2019une des immenses tables de Shabbat du 7 rue Bambis Rigi, adresse du Beth Chabad de Tbilissi. Plus d\u2019une centaine de personnes, ce vendredi soir &#8211; pourtant en pleine p\u00e9riode creuse &#8211; occupent les deux \u00e9tages du restaurant. La quasi-totalit\u00e9 d\u2019entre elles sont arriv\u00e9es de Tel-Aviv par l\u2019a\u00e9roport Ben Gourion et ne restent que quelques jours. Toutes les conversations se d\u00e9roulent en h\u00e9breu ; je dois me concentrer pour suivre le fil des discussions, loin de ma zone de confort anglophone. Autour de moi se d\u00e9ploie une v\u00e9ritable mosa\u00efque de la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne : assise entre une jeune hippie coiff\u00e9e de dreadlocks et un cadre du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 ; derri\u00e8re nous, une immense tabl\u00e9e de tr\u00e8s jeunes hommes en <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">tzitzit <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">et en kippot tricot\u00e9es crient \u00e0 s\u2019en \u00e9gosiller des chants sionistes. \u00ab Ce sont des jeunes du Gush Etzion<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">1 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">\u00bb, me murmure Niri, une Isra\u00e9lienne install\u00e9e ici depuis 2020. \u00ab Il y a vraiment tous les types d\u2019Isra\u00e9liens \u00e0 Tbilissi. Tout le monde en Isra\u00ebl sait que c\u2019est un paradis pour les Juifs ici \u00bb, poursuit-elle en riant. Nous plaisantons un moment sur nos m\u00e9saventures g\u00e9orgiennes et sur la froideur apparente des locaux. Je lui raconte ma perplexit\u00e9 face \u00e0 leur r\u00e9action souvent brusque lorsque j\u2019explique ne pas parler g\u00e9orgien. \u00ab Oh oui, les G\u00e9orgiens peuvent \u00eatre tr\u00e8s racistes. Ils n\u2019aiment pas les \u00e9trangers, et tout particuli\u00e8rement les Arabes, alors ils sont un peu fans de Bibi, tu vois ? \u00c7a joue pas mal, honn\u00eatement \u00bb, ajoute-t-elle tandis que notre conversation s\u2019\u00e9ternise sur la terrasse du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Mendi\u2019s<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, une cigarette et un verre \u00e0 la main, dans lequel danse encore un fond de chacha.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Cette r\u00e9flexion me poursuit sur le chemin du retour. Depuis mon arriv\u00e9e, il est vrai, je n\u2019ai vu aucune s\u00e9curit\u00e9 devant les lieux juifs, qu\u2019ils soient religieux ou culturels. Dans les caf\u00e9s, les discoth\u00e8ques et les bars fr\u00e9quent\u00e9s par une jeunesse branch\u00e9e et progressiste, ce sont les drapeaux ukrainiens et europ\u00e9ens qui flottent aux murs, souvent accompagn\u00e9s de tags farouchement anticommunistes. Ici, la\u00a0<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">figure du \u00ab Grand Satan \u00bb se pare plut\u00f4t des couleurs de la Russie que de celles des \u00c9tats-Unis ou de leur alli\u00e9 isra\u00e9lien ; en Europe occidentale, les m\u00eames tiers-lieux alternatifs se parent plut\u00f4t de posters de L\u00e9nine et de drapeaux palestiniens, parfois aussi m\u00eame de l&#8217;Union sovi\u00e9tique. Le contraste a quelque chose de frappant. Je repense aux explications de Niri : d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 les pr\u00e9jug\u00e9s anti-arabes sont loin d\u2019\u00eatre absents ne manifestent pas pour autant une telle familiarit\u00e9 avec les Juifs. Tenter de remonter aux racines de cette sympathie toute g\u00e9orgienne revient alors \u00e0 se heurter \u00e0 l\u2019\u00e9nigme de l\u2019\u0153uf et de la poule : qu\u2019est-ce qui pr\u00e9c\u00e8de l\u2019autre ? Est-ce une bienveillance ancienne envers les Juifs qui nourrit aujourd\u2019hui cette sympathie pour Isra\u00ebl, ou bien l\u2019admiration contemporaine pour l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu qui rejaillit sur les Juifs eux-m\u00eames ? Pour essayer de le comprendre, il me faut \u00e9largir mon champ de vision.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Je n\u2019ai pas \u00e9chang\u00e9 tr\u00e8s longtemps avec Lasha<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">2 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">sur Instagram avant de me retrouver, quelques jours plus tard, embarqu\u00e9 \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s dans un minibus filant vers le centre et le sud-ouest du pays. La <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">marshrutka<\/span><\/i><i><span style=\"font-weight: 400;\">3 <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">est \u00e0 moiti\u00e9 remplie de G\u00e9orgiens, \u00e0 moiti\u00e9 de visiteurs \u00e9trangers comme moi. Juifs ou non, Lasha ne veut pas le savoir. \u00ab Je veux vous montrer l\u2019histoire de mon pays, pas celle des communaut\u00e9s juives. L\u2019histoire juive fait partie int\u00e9grante de l\u2019histoire de la G\u00e9orgie : ce ne sont pas des histoires parall\u00e8les \u00bb, nous lance-t-il alors que la route serpente vers Bebris Tsikhe, notre premier arr\u00eat de la journ\u00e9e. Lasha n\u2019est pas juif, mais, comme il aime \u00e0 le dire lui-m\u00eame, \u00ab il a sa part dans l\u2019histoire juive \u00bb. Universitaire sp\u00e9cialis\u00e9 en <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Jewish studies<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, il ne fait souvent que passer en G\u00e9orgie, tant ses recherches le conduisent d\u2019une universit\u00e9 \u00e0 l\u2019autre, aux quatre coins du monde. Pourtant, l\u2019attachement qu\u2019il porte \u00e0 sa patrie d\u00e9borde de ses paroles et \u00e9claire son regard d\u00e8s qu\u2019il l\u2019\u00e9voque. Parmi les choses qui le rendent le plus fier figure justement ce qu\u2019il consid\u00e8re comme l\u2019une de ses singularit\u00e9s : le mod\u00e8le d\u2019int\u00e9gration exemplaire des Juifs dans la soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9orgienne, o\u00f9 ils sont depuis bien longtemps per\u00e7us comme des citoyens parmi les autres, au sein d\u2019un pays pourtant largement domin\u00e9 par l\u2019\u00e9glise orthodoxe g\u00e9orgienne, \u00e0 laquelle se rattachent aujourd\u2019hui plus de 85 % de la population.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019histoire de la pr\u00e9sence juive en Transcaucasie commence presque en m\u00eame temps que celle des premiers royaumes g\u00e9orgiens. Selon certains historiens, l\u2019installation des premi\u00e8res communaut\u00e9s remonterait au VI\u1d49 si\u00e8cle avant notre \u00e8re. La tradition historique s\u2019appuie notamment sur la chronique m\u00e9di\u00e9vale <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">La Vie de Kartlie<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, attribu\u00e9e \u00e0 L\u00e9onti Mroveli (XI\u1d49 si\u00e8cle)<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">4<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">, qui raconte qu\u2019une premi\u00e8re vague de Juifs aurait atteint la Kartlie \u00e0 la suite de la destruction de J\u00e9rusalem par Nabuchodonosor, en 586 avant J.-C. Cette version est notamment d\u00e9fendue par l\u2019intellectuel juif g\u00e9orgien Jemal Ajiashvili<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">5<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">. Les traces arch\u00e9ologiques confirment en tout cas l\u2019anciennet\u00e9 de cette pr\u00e9sence : d\u00e8s les premiers si\u00e8cles de notre \u00e8re, une communaut\u00e9 juive est attest\u00e9e dans la ville de Mtskheta, alors capitale du royaume d\u2019Ib\u00e9rie. De cette longue histoire d\u00e9coule un \u00e9l\u00e9ment central de l\u2019imaginaire national g\u00e9orgien : les Juifs y sont parfois per\u00e7us comme ayant contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019introduction du christianisme dans la r\u00e9gion. Dans sa monographie <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">The History of Georgian Jews <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">(2014), l\u2019historien Eldar Mamistvalishvili<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">6 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">mentionne ainsi plusieurs sources selon lesquelles, aux premiers temps de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne, certains membres de la communaut\u00e9 juive locale se seraient convertis et auraient particip\u00e9 \u00e0 la diffusion du message du Christ parmi les populations pa\u00efennes de G\u00e9orgie. \u00ab Ce sont des Juifs qui ont accueilli Sainte Nino quand elle est arriv\u00e9e en G\u00e9orgie, ce sens de l\u2019hospitalit\u00e9 nourrit l\u2019id\u00e9e des G\u00e9orgiens selon laquelle les Juifs seraient les gardiens du christianisme sur notre terre \u00bb <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">explique Lasha, \u00ab Ici, les familles juives invitaient des G\u00e9orgiens orthodoxes \u00e0 allumer la premi\u00e8re bougie de Hanouka, et en \u00e9change les familles orthodoxes demandaient aux G\u00e9orgiens juifs de venir dans leur \u00e9glise baptiser leur nouveau n\u00e9 \u00bb. Je l\u2019\u00e9coute, fascin\u00e9e. Ma compr\u00e9hension de l\u2019identit\u00e9 juive s\u2019est tellement construite autour de l\u2019id\u00e9e d\u2019errance qu\u2019il m\u2019appara\u00eet presque inconcevable qu\u2019une communaut\u00e9 aussi profond\u00e9ment enracin\u00e9e puisse exister. Et pourtant, cet enracinement se d\u00e9ploie ici selon des formes bien diff\u00e9rentes du mod\u00e8le d\u2019int\u00e9gration universaliste et r\u00e9publicain des Juifs de France, que je pensais jusque-l\u00e0 sans \u00e9quivalent. Plus symbolique encore, le Juif g\u00e9orgien est pendant des si\u00e8cles un Juif des champs, et loin de la figure r\u00e9pandue du marchand itin\u00e9rant, l\u2019agriculture est son activit\u00e9 principale, expliquant la dispersion des Juifs sur l\u2019ensemble du pays, dans une myriade de villages et de hameaux. Au milieu des nombreuses minorit\u00e9s ethniques en terre g\u00e9orgienne, ils sont d\u2019ailleurs les seuls \u00e0 avoir adopt\u00e9 des patronymes en &#8211;<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">chvili<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, terminaison g\u00e9orgienne signifiant \u00ab fils de \u00bb.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Les paysages d\u00e9filent \u00e0 la fen\u00eatre du bus pendant quelques heures et enfin, nous arrivons \u00e0 Kareli, la neige jusqu\u2019aux chevilles. La m\u00e9t\u00e9o n\u2019aide gu\u00e8re \u00e0 rendre cette petite ville moins maussade. Un vent froid me fouette le visage tandis qu\u2019Ana, la photographe du groupe, s\u2019arr\u00eate pour saisir quelques clich\u00e9s de nos empreintes dans la neige, les seules visibles. Sur le chemin, nous ne croisons qu\u2019un homme, suivi de pr\u00e8s par un chien boiteux. Une centaine de m\u00e8tres plus loin se dresse la synagogue de la ville. Le b\u00e2timent est simple, presque aust\u00e8re, avec des encadrements de fen\u00eatres blancs qui me rappellent curieusement ces pavillons sans \u00e2me que l\u2019on trouve dans les zones rurales de la \u201cFrance moche&#8221;. \u00ab Il faudrait revenir en \u00e9t\u00e9 \u00bb, nous lance Lasha, presque comme pour s\u2019excuser. \u00ab Les Juifs originaires de Kareli reviennent d\u2019Isra\u00ebl pour les vacances et le lieu s\u2019anime. Il y a m\u00eame des vignes qui couvrent la treille, c\u2019est magnifique ! \u00bb ajoute-t-il avant de sortir son t\u00e9l\u00e9phone pour passer un bref coup de fil en g\u00e9orgien. Quelques minutes plus tard, une petite silhouette vo\u00fbt\u00e9e appara\u00eet au bout de la route. Le vieil homme fait claquer un trousseau de cl\u00e9s entre ses doigts ; avec la plus petite, la plus rouill\u00e9e, il d\u00e9verrouille le portail qui m\u00e8ne \u00e0 la synagogue. Dix mois sur douze, c\u2019est lui le gardien de la <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Beit Hatfila<\/span><\/i><i><span style=\"font-weight: 400;\">7 <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">de Kareli. La porte grince. Nous entrons. Le vieil homme s\u2019assoit au fond de la pi\u00e8ce, devant une table o\u00f9 sont dispos\u00e9s plusieurs livres de pri\u00e8res m\u00ealant alphabets h\u00e9bra\u00efque, cyrillique et g\u00e9orgien. L\u2019un d\u2019eux attire mon attention : <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Sidour Ahavat Isra\u00ebl Besaafa aGruzinit<\/span><\/i><i><span style=\"font-weight: 400;\">8<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">. Dans ce p\u00eale-m\u00eale de langues, je rep\u00e8re m\u00eame une petite brochure de chants de Shabbat en <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">kivrouli<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, le dialecte jud\u00e9o-g\u00e9orgien. Je l\u2019attrape du bout des doigts, pr\u00eate \u00e0 demander si la langue est encore parl\u00e9e, mais Lasha se lance dans des explications avant m\u00eame que je n\u2019ouvre la bouche : \u00ab Il n\u2019y a plus que deux mille locuteurs en G\u00e9orgie, contre pr\u00e8s de cinquante mille en Isra\u00ebl. J\u2019\u00e9tais au mariage d\u2019une amie \u00e0 Ashdod l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier. La <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">supra<\/span><\/i><i><span style=\"font-weight: 400;\">9 <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00e9tait enti\u00e8rement conduite en <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">kivrouli<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">. Quelle belle preuve de l\u2019amour des diasporas juives pour leur pays ! \u00bb Je reste un instant d\u00e9concert\u00e9e par cette formule. Par l\u2019id\u00e9e, surtout, que des Juifs ayant choisi de revenir vers Sion puissent encore \u00eatre d\u00e9crits comme une diaspora, comme s\u2019ils avaient quitt\u00e9 leur v\u00e9ritable m\u00e8re patrie : la G\u00e9orgie. Quelques jours plus tard, c\u2019est dans un podcast de Sasha Kaltsman dans lequel Lasha est invit\u00e9 que je trouve quelques \u00e9claircissements : \u00ab La G\u00e9orgie est une m\u00e8re qui a pris soin d\u2019eux, les a \u00e9lev\u00e9s et quand le moment est arriv\u00e9, les a laiss\u00e9s voler de leurs propres ailes et suivre leur propre chemin \u00bb.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Apr\u00e8s avoir visit\u00e9 quelques anciens cimeti\u00e8res, o\u00f9 nous \u00e9coutons plusieurs histoires sur les superstitions juives g\u00e9orgiennes et d\u00e9gageons l\u2019\u00e9paisse couche de neige qui recouvre les st\u00e8les afin d\u2019y d\u00e9poser des cailloux, nous arrivons enfin \u00e0 Akhaltsikhe, notre dernier arr\u00eat. Nous nous arr\u00eatons\u00a0<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">devant deux synagogues. La premi\u00e8re nous demeure ferm\u00e9e, le seul gardien de la cl\u00e9 \u00e9tant absent durant l\u2019hiver. La seconde est compl\u00e8tement abandonn\u00e9e. Nous y avan\u00e7ons prudemment, entre \u00e9clats de verre et cadavres de bouteilles. Je fronce les sourcils. Depuis le d\u00e9but de cette journ\u00e9e, j\u2019ai l\u2019impression de ne traverser que des villes fant\u00f4mes, o\u00f9 l\u2019on me raconte des histoires de coexistence sans jamais rencontrer la moindre communaut\u00e9 encore vivante. La plupart des protagonistes \u00e9voqu\u00e9s dans ces r\u00e9cits habitent d\u00e9sormais en Isra\u00ebl. Mais si les Juifs de G\u00e9orgie se sentaient \u00e0 ce point chez eux ici, pourquoi sont-ils partis ? Tout ce que j\u2019apprends aujourd\u2019hui me pousse, de mani\u00e8re \u00e9trangement paradoxale au regard de mes convictions sionistes, \u00e0 envisager cette <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Aliyah <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">massive comme une forme de d\u00e9racinement. Une des femmes g\u00e9orgiennes du groupe, francophone par ailleurs, se tourne vers moi : \u00ab La moiti\u00e9 de la population g\u00e9orgienne vit maintenant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger : en <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Russie, en<\/span> <span style=\"font-weight: 400;\">Turquie, aux \u00c9tats-Unis, en Italie\u2026 Et puis oui, en Isra\u00ebl pour les Juifs.<\/span> <span style=\"font-weight: 400;\">J\u2019adore la G\u00e9orgie, mais quand on a un peu d\u2019argent, je comprends qu\u2019on s\u2019en aille. \u00bb J&#8217;acquiesce, un sentiment d\u2019insatisfaction toujours pr\u00e9sent en moi. Mes lectures personnelles ne valideront qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9 ce discours. Certes, apr\u00e8s la dissolution de l&#8217;Union Sovi\u00e9tique en 1991, une vague migratoire massive se produisit, li\u00e9e \u00e0 l\u2019effondrement \u00e9conomique, \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et aux conflits qui frapp\u00e8rent la G\u00e9orgie, mais le mouvement avait commenc\u00e9 bien plus t\u00f4t ; au lendemain de la Guerre des Six Jours, la victoire d&#8217;Isra\u00ebl suscita un profond r\u00e9veil identitaire parmi les Juifs sovi\u00e9tiques. En 1969, dix-huit familles de Tbilissi adress\u00e8rent une lettre \u00e0 la <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">United Nations Human Rights Commission <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">pour r\u00e9clamer le droit d\u2019\u00e9migrer<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">10<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">, premi\u00e8re revendication publique de ce type dans le monde sovi\u00e9tique. Sous la pression internationale, les autorit\u00e9s sovi\u00e9tiques assouplirent progressivement leur politique d\u2019\u00e9migration : dans les ann\u00e9es 1970, ce sont environ 30 000 Juifs g\u00e9orgiens qui firent leur Aliyah vers Isra\u00ebl, amor\u00e7ant le d\u00e9clin rapide d\u2019une communaut\u00e9 qui comptait encore pr\u00e8s de 80 000 personnes<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">11<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">. Contrairement \u00e0 d\u2019autres Juifs sovi\u00e9tiques qui \u00e9migr\u00e8rent souvent individuellement, les Juifs g\u00e9orgiens partirent g\u00e9n\u00e9ralement en groupes familiaux ou communautaires entiers ; dans certains cas, presque toute la population juive d\u2019une ville \u00e9migra ensemble, demandant souvent d\u2019\u00eatre install\u00e9e dans les m\u00eames quartiers \u00e0 son arriv\u00e9e en Isra\u00ebl.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 la sortie de la synagogue, mes pens\u00e9es sont brutalement interrompues par l\u2019arriv\u00e9e pr\u00e9cipit\u00e9e d\u2019une vieille dame, en charentaises et sans manteau, affrontant le froid glacial de cette route enneig\u00e9e. Elle lance quelques phrases en g\u00e9orgien qui font imm\u00e9diatement sourire les locuteurs de notre groupe. Lasha se tourne alors vers nous, le petit groupe d\u2019\u00e9trangers dont je fais partie : \u00ab Elle nous a demand\u00e9 si nous \u00e9tions juifs ! \u00bb Quelques minutes plus tard, la femme revient, une grande assiette de noix confites \u00e0 la main, sucrerie typique du sud de la G\u00e9orgie, et insiste pour que chacun de nous y go\u00fbte. Lasha traduit ses paroles : \u00ab Elle raconte qu\u2019elle connaissait beaucoup de Juifs ici, qu\u2019ils \u00e9taient des voisins merveilleux et qu\u2019ils lui manquent \u00e9norm\u00e9ment. Elle dit qu\u2019ils sont tous partis vivre en Isra\u00ebl, mais que certains reviennent parfois au pays. \u00bb Toute souriante, elle nous prend en photo, chantonne quelques paroles en h\u00e9breu, et nous explique fi\u00e8rement que sa fille est mari\u00e9e \u00e0 un Juif ukrainien. Nous nous s\u00e9parons, tous attendris par cette rencontre. Alors que nous regagnons la marshrutka, elle nous fait promettre de revenir \u00e0 Akhaltsikhe. Sur le chemin du retour, l\u2019enceinte gr\u00e9sille au rythme d\u2019un m\u00e9lange chaotique de pop isra\u00e9lienne, de klezmer et de chansons jud\u00e9o-g\u00e9orgiennes que tous connaissent sauf moi. Beaucoup se l\u00e8vent pour danser tandis que je lutte pour garder les yeux ouverts, interrompue \u00e0 plusieurs reprises par les alertes AFD sur mon t\u00e9l\u00e9phone, signalant de nouvelles frappes iraniennes au Moyen-Orient et dans le Caucase. \u00c0 une centaine de kilom\u00e8tres de la fronti\u00e8re\u00a0<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">arm\u00e9nienne, certains panneaux d\u2019autoroute indiquent m\u00eame la distance jusqu\u2019\u00e0 T\u00e9h\u00e9ran<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">12<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">. Des rumeurs circulent sur une potentielle attaque visant l\u2019ol\u00e9oduc reliant Ceyhan \u00e0 Bakou, en passant par Tbilissi. Je me rendors, incapable de suivre la f\u00eate. Les Isra\u00e9liens du groupe, eux, coinc\u00e9s en G\u00e9orgie pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, continuent de danser et de chanter, cherchant \u00e0 recr\u00e9er un semblant de normalit\u00e9 au milieu de l\u2019inqui\u00e9tude palpable.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Quelques semaines plus tard, le hasard me place dans la cabine d\u2019un t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019une jeune famille isra\u00e9lienne d\u2019origine g\u00e9orgienne. Leur impatience \u00e0 attendre leur tour pour acheter les billets et leur accent l\u00e9g\u00e8rement h\u00e9sitant en anglais me met la puce \u00e0 l\u2019oreille quant \u00e0 leur nationalit\u00e9. Ils s\u2019excusent de m\u2019avoir doubl\u00e9e ; je leur r\u00e9ponds en h\u00e9breu, et imm\u00e9diatement, un \u00e9change s\u2019engage. N\u00e9s et \u00e9lev\u00e9s \u00e0 Bat Yam, ils sont venus montrer \u00e0 leur enfant son pays d\u2019origine et rendre visite aux quelques membres de leur famille rest\u00e9s \u00e0 Tbilissi. Notre conversation d\u00e9rive bient\u00f4t sur l\u2019actualit\u00e9 : \u00ab Toute leur histoire, les G\u00e9orgiens ont \u00e9t\u00e9 opprim\u00e9s par les Arabes ! Au Moyen-\u00c2ge, puis avec les Ottomans et les Perses ! C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019ils nous comprennent, nous, Isra\u00e9liens. Et puis, il y a tant de similitudes entre nous : deux petites nations orgueilleuses ! \u00bb me confie la femme, sa voix pleine d\u2019\u00e9motion. Je n\u2019ai ni le c\u0153ur ni l\u2019envie de corriger ces raccourcis historiques ; son enfant, endormi contre elle, amplifie la force tranquille de sa frustration. Son mari encha\u00eene : \u00ab Et puis, l\u2019Iran est l\u2019alli\u00e9 des Russes, et \u00e7a, les G\u00e9orgiens n\u2019aiment pas ! \u00bb Je repense \u00e0 quelques semaines plus t\u00f4t, quand la Tour de Tbilissi s\u2019\u00e9tait illumin\u00e9e aux couleurs du drapeau iranien pour le quarante-septi\u00e8me anniversaire de la R\u00e9publique Islamique. \u00ab Le gouvernement est pro-russe, donc \u00e7a ne compte pas. Nous, G\u00e9orgiens, on ne pense pas comme \u00e7a \u00bb, pr\u00e9cise-t-il, alors que je lui tends mon t\u00e9l\u00e9phone pour montrer la photo. Avant de se s\u00e9parer, ils m\u2019invitent \u00e0 rejoindre la semaine suivante le Shabbat organis\u00e9 par la communaut\u00e9 juive locale \u00e0 la Grande Synagogue de Tbilissi.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Nous, G\u00e9orgiens. \u00bb : je repense \u00e0 ces mots et \u00e0 tout ce qu\u2019ils contiennent symboliquement, prononc\u00e9s par des Isra\u00e9liens ni n\u00e9s ni \u00e9lev\u00e9s dans leur pays d\u2019origine, dont ils ne parlent m\u00eame pas v\u00e9ritablement bien la langue. \u00ab La G\u00e9orgie est une m\u00e8re qui a pris soin d\u2019eux, les a \u00e9lev\u00e9s et quand le moment est arriv\u00e9, les a laiss\u00e9s voler de leurs propres ailes et suivre leur propre chemin \u00bb : cette phrase m\u2019arrache un sourire alors que j\u2019y repense : apr\u00e8s tout, une m\u00e8re, on ne s\u2019en d\u00e9tache jamais vraiment. Surtout si c\u2019est une m\u00e8re juive.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">1 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Groupe de colonies isra\u00e9liennes en Cisjordanie.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">2 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">jewishstorytelling sur instagram<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">3 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Nom donn\u00e9 aux taxis collectifs dans les pays de l&#8217;ex-Union sovi\u00e9tique.<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">4 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Mroveli, L\u00e9onti. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">La Vie de Kartlie<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">. Manuscrit m\u00e9di\u00e9val, XI\u1d49 si\u00e8cle. Traduction et commentaire disponibles dans : Toumanoff, Cyril. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Studies in Christian Caucasian History<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">. Washington D.C. : Georgetown University Press, 1963. <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">5 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Ajiashvili, Jemal. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Histoire des Juifs g\u00e9orgiens<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">. Tbilissi : \u00c9ditions Universitaires de G\u00e9orgie, 2002.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">6 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Mamistvalishvili, Eldar. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">The History of Georgian Jews<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">. Tbilissi : Palitra L Publishing, 2014.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">7 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">D\u00e9nomination utilis\u00e9e par les Juifs g\u00e9orgiens pour d\u00e9signer une synagogue.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">8 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">En fran\u00e7ais : livre de pri\u00e8re en langue g\u00e9orgienne\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">9 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Tradition g\u00e9orgienne, consistant \u00e0 la fois en un repas et un rituel de r\u00e9union communautaire marqu\u00e9e par des<\/span> <span style=\"font-weight: 400;\">discours.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">10 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">United Nations Human Rights Commission. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Correspondence from Tbilisi Jewish Families on Emigration Rights<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, 1969.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">11 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Girardot, Cl\u00e9ment et Yoann Morvan. \u00ab <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Sur la route des Juifs g\u00e9orgiens : de la symbiose au grand exode <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00bb. <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Revue K. Les Juifs, l\u2019Europe, le XXI\u1d49 si\u00e8cle<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, 10 juillet 2024, <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">https:\/\/k-larevue.com\/juifs-georgiens-grand-exode\/<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">12 <\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Akhaltsikhe se trouve \u00e0 moins de 450 km de la fronti\u00e8re iranienne.<\/span><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre les montagnes du Caucase et les rues de Tbilissi flotte une \u00e9trange familiarit\u00e9 : ici, les synagogues n\u2019ont pas de vigiles, les chauffeurs de taxi b\u00e9nissent Isra\u00ebl, et les Juifs semblent appartenir au paysage national depuis toujours. De la m\u00e9moire des villages jud\u00e9o-g\u00e9orgiens aux grandes tables de Shabbat du Beth Chabad, en passant par les traces d\u2019un exode massif vers Isra\u00ebl, cette enqu\u00eate part&#8230; <\/p>\n<p class=\"more\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/heureux-comme-un-juif-en-georgie-enquete-chez-les-juifs-des-montagnes\/\">Read More<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":60,"featured_media":2640,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"spay_email":"","footnotes":""},"categories":[35,48],"tags":[],"class_list":["post-2639","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-enquetes","category-tous-les-articles","is-cat-link-borders-light is-cat-link-rounded"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/files\/2026\/05\/f33d589c-80ec-4d2e-9b13-f266d45a2abe-2.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2639","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/users\/60"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2639"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2639\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2683,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2639\/revisions\/2683"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2640"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2639"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2639"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2639"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}