{"id":2573,"date":"2026-04-30T20:44:44","date_gmt":"2026-04-30T18:44:44","guid":{"rendered":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/?p=2573"},"modified":"2026-05-01T07:53:51","modified_gmt":"2026-05-01T05:53:51","slug":"rudy-milstein-serieusement-drole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/rudy-milstein-serieusement-drole\/","title":{"rendered":"Rudy Milstein : S\u00e9rieusement dr\u00f4le"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"2573\" class=\"elementor elementor-2573\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-53815304 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"53815304\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-8ad285e elementor-widget elementor-widget-heading elh-el heading\" data-id=\"8ad285e\" data-element_type=\"widget\" data-settings=\"{&quot;design_style&quot;:&quot;style_3&quot;}\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t        <div class=\"tf-section-heading tf-section-heading__with-border pl-65\">\n            <h2 class=\"tf-title mb-0\">Auteur et metteur en sc\u00e8ne, Rudy Milstein prouve que le pire est le meilleur terrain d\u2019exp\u00e9rimentation du rire. Avec sa pi\u00e8ce \"Ce n\u2019est pas facile d\u2019\u00eatre heureux quand \u00e7a va mal\", pour laquelle il a remport\u00e9 le Moli\u00e8re de la meilleure com\u00e9die, il raconte le cancer, les n\u00e9vroses des descendants de la Shoah, la d\u00e9pression, la solitude et les fatigues ordinaires qui traversent des vies trop conscientes d\u2019elles-m\u00eames. Un th\u00e9\u00e2tre qui regarde avec humour nos contradictions, sans jamais tomber dans le cynisme. Ce m\u00eame regard traverse son travail au cin\u00e9ma, notamment dans \"Je ne suis pas un h\u00e9ros\", port\u00e9 par G\u00e9raldine Nakache et Vincent Dedienne, o\u00f9 l\u2019humour continue de se frayer un chemin l\u00e0 o\u00f9 rien ne promet d\u2019aller mieux.                <span class=\"border-shape hide-after\"><\/span>\n            <\/h2>\n        <\/div>\n\n        \n        \t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-454e76bf elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"454e76bf\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><em>Ce n\u2019est pas facile d\u2019\u00eatre heureux quand \u00e7a va mal<\/em> parle de nos maux contemporains, ceux que l\u2019on reconna\u00eet imm\u00e9diatement, parce qu\u2019on les habite d\u00e9j\u00e0. En suivant les m\u00e9saventures de cinq bobos parisiens n\u00e9vros\u00e9s, \u00e0 la fois lucides et emp\u00eatr\u00e9s dans leurs contradictions. La pi\u00e8ce ose l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait le plus mal. Elle fait entrer la Shoah, la maladie, la mort, la d\u00e9pression dans le champ du rire, parce que ces h\u00e9ritages, ces peurs-l\u00e0, structurent nos vies.<\/p><p><strong>Le rire h\u00e9ritier de la douleur.\u00a0<\/strong><\/p><p>\u00ab Le rire, c\u2019est le seul antidote qu\u2019on a trouv\u00e9 pour combattre notre finitude. \u00bb Rudy Milstein ne cherche d\u2019ailleurs pas \u00e0 \u00ab \u00e9crire dr\u00f4le \u00bb. \u00ab Ce n\u2019est pas une volont\u00e9 de dire : je vais \u00e9crire quelque chose de dr\u00f4le. C\u2019est une vision du monde. \u00bb\u00a0 Cette vision est intimement li\u00e9e \u00e0 l\u2019histoire juive ashk\u00e9naze et l\u2019humour qui en est n\u00e9 : un humour de d\u00e9sacralisation. Se moquer, ironiser, d\u00e9placer, non pas nier la violence, mais la rendre vivable. Rudy Milstein a grandi avec ses grands-parents, victimes de la Shoah. Sa grand-m\u00e8re faisait des blagues, pas sur la Shoah, insiste-t-il, mais avec la douleur qui en d\u00e9coule. \u00ab \u00c7a nous est arriv\u00e9. Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait maintenant de cette douleur ? \u00bb<\/p><p>Cette question irrigue toute la pi\u00e8ce. Un d\u00e9bat absurde et hilarant sur la possibilit\u00e9 de tuer Hitler b\u00e9b\u00e9. Une danse sur une chanson des camps. L\u2019annonce d\u2019un cancer. Malgr\u00e9 le rire,\u00a0 les personnages ne vont jamais mieux et r\u00e9p\u00e8tent inlassablement les m\u00eames erreurs. \u00ab On est des hamsters \u00bb, dit-il. Car oui, Rudy Milstein est dr\u00f4le mais il est lucide, voire m\u00eame un peu pessimiste \u00ab De toute fa\u00e7on, on va tous mourir. \u00bb Mais, c\u2019est justement ce constat qui rend le rire n\u00e9cessaire. \u00ab Je pense qu\u2019on peut rire de tout. Tout d\u00e9pend comment c\u2019est fait. Le rire devient compliqu\u00e9 quand il devient partisan. \u00bb<\/p><p><strong>Rire de r\u00e9sistance ou rire de collaboration\u00a0?<\/strong><\/p><p>Cette limite du rire se cristallise dans un \u00e9change pr\u00e9cis de la pi\u00e8ce, autour de la Shoah et de la concurrence m\u00e9morielle. Il raconte : \u00ab \u00c0 un moment, ils ont un \u00e9change o\u00f9 il lui dit : \u201cJe ne savais pas que tu \u00e9tais juive aussi\u201d. Et elle lui dit : \u201cJe ne le suis pas, vous n\u2019avez pas le monopole de la Shoah\u201d. Et lui r\u00e9pond : \u201cOuais, mais on est actionnaire majoritaire quand m\u00eame\u201d. Et quand elle dit \u201cvous n\u2019avez pas le monopole de la Shoah\u201d, je suis tr\u00e8s surpris quand des gens rigolent l\u00e0-dessus. Je me dis : \u201cAttends, ils rigolent pourquoi ?\u201d Est-ce qu\u2019ils rigolent parce qu\u2019il y a un truc de concurrence m\u00e9morielle ? Est-ce qu\u2019il n\u2019y a pas un truc de \u201cvous \u00eates juifs, vous nous faites chier avec la Shoah\u201d ? Peut-\u00eatre que c\u2019est l\u2019ambiance g\u00e9n\u00e9rale qui me rend parano\u2026 Mais je ne comprends pas pourquoi parfois quelques personnes rigolent l\u00e0-dessus, ce n\u2019est pas une vanne. \u00bb<\/p><p>Cette vigilance fait directement \u00e9cho aux d\u00e9bats r\u00e9cents autour du sketch de Blanche Gardin \u00ab\u00a0Je ne suis pas antis\u00e9mite\u00a0\u00bb. Ce qui d\u00e9range Rudy Milstein n\u2019est pas tant le sketch en lui-m\u00eame que la fa\u00e7on dont il est re\u00e7u. Les rires dans la salle. Les applaudissements. Le d\u00e9calage entre l\u2019intention et l\u2019interpr\u00e9tation. Plus que l\u2019\u00e9criture, c\u2019est la r\u00e9ception qui devient politique.<\/p><p>Il \u00e9tend cette r\u00e9flexion \u00e0 d\u2019autres formes d\u2019humour. Certaines blagues, dit-il, ne sont pas homophobes \u00e0 l\u2019\u00e9criture, mais les r\u00e9actions du public r\u00e9v\u00e8lent autre chose. \u00ab Il y a peut-\u00eatre des homophobes dans la salle. Et \u00e0 cause de ces rires-l\u00e0, j\u2019enl\u00e8verais la blague. Je n\u2019aimerais pas nourrir quelque chose. \u00bb<\/p><p>Ce rapport au rire dit aussi autre chose de fondamental sur Rudy Milstein. Il ne sacralise pas ce qu\u2019il \u00e9crit. Aucune r\u00e9plique n\u2019est intangible, aucune blague n\u2019est d\u00e9fendue au nom de l\u2019intention ou de la cr\u00e9ation artistique. Il accepte de retirer, de modifier, de renoncer. \u00c9couter la salle devient alors un geste d\u2019\u00e9criture \u00e0 part enti\u00e8re, une \u00e9criture en mouvement, ajust\u00e9e, r\u00e9versible. \u00ab Si j\u2019entends un rire un peu \u00e9trange, je l\u2019enl\u00e8ve direct. \u00bb Ce d\u00e9placement \u00e9claire pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui inqui\u00e8te Rudy Milstein : le moment o\u00f9 une \u0153uvre cesse d\u2019appartenir \u00e0 celui qui l\u2019a pens\u00e9e et commence \u00e0 produire des effets qui lui \u00e9chappent. L\u00e0 o\u00f9 la satire devait d\u00e9noncer, elle peut servir. Le rire de r\u00e9sistance devient parfois sans le vouloir un rire de collaboration. Cette r\u00e9versibilit\u00e9 du rire est particuli\u00e8rement visible dans l\u2019actualit\u00e9 r\u00e9cente. The Guardian a interview\u00e9 r\u00e9cemment le cr\u00e9ateur de la vid\u00e9o devenue virale, g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par IA, o\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvre Donald Trump sirotant des cocktails \u00e0 Gaza, transform\u00e9e pour l\u2019occasion en une v\u00e9ritable Riviera de luxe. L\u2019artiste Solo Avital explique pourtant que sa vid\u00e9o a \u00e9t\u00e9 relay\u00e9e \u00e0 son insu par Trump, et qu\u2019il s\u2019agissait au d\u00e9part d\u2019une vid\u00e9o satirique visant \u00e0 d\u00e9noncer l\u2019absurdit\u00e9 du projet du pr\u00e9sident am\u00e9ricain.\u00a0 En se r\u00e9appropriant cette vid\u00e9o, Trump parvient \u00e0 d\u00e9truire la possibilit\u00e9 m\u00eame de l\u2019humour. Mais alors, peut-on malgr\u00e9 tout faire rire encore ?\u00a0<\/p><p><strong>Le rire, ce contre-pouvoir d\u00e9mocratique.\u00a0<\/strong><\/p><p>Pour rire encore, Rudy Milstein met son humour au service de l\u2019\u00e8re du temps. La solitude, les r\u00e9seaux sociaux, la fatigue politique, les applications de rencontre, l\u2019\u00e9puisement collectif : tout y passe. Pourtant, malgr\u00e9 cet angle tr\u00e8s contemporain, il refuse de tomber dans la facilit\u00e9 d\u2019une lecture nostalgique. Il cite Guerre et Paix de Tolsto\u00ef pour rappeler que ces travers existaient d\u00e9j\u00e0\u00a0: \u00ab\u00a0les jeunes filles, les jeunes gar\u00e7ons, les adolescents sont l\u00e0 constamment \u00e0 se regarder dans le miroir (\u2026) Il y a quand m\u00eame un rapport tr\u00e8s superficiel \u00e0 la beaut\u00e9, \u00e0 l&#8217;apparence et tout. Je veux dire, ce rapport-l\u00e0 d&#8217;extr\u00eame superficialit\u00e9, il a toujours exist\u00e9.\u00a0\u00bb Il ajoute :\u00a0 \u00ab\u00a0c&#8217;est la nature humaine qui est compl\u00e8tement pourrie. Oui, l\u00e0, \u00e7a parle de l&#8217;\u00e8re du temps parce que c&#8217;est contemporain, mais ce n&#8217;est pas une d\u00e9nonciation de l&#8217;\u00e9poque. \u00bb<\/p><p>\u00ab Dire que c\u2019\u00e9tait mieux avant n\u2019a aucun sens. Maintenant, \u00e7a marche comme \u00e7a. La question, c\u2019est : comment on vit avec ? \u00bb Pour tenter d\u2019y r\u00e9pondre, le th\u00e9\u00e2tre offre un espace de libert\u00e9. Une libert\u00e9 que le cin\u00e9ma, selon lui, permet plus difficilement. Quand il \u00e9crit Ce n\u2019est pas facile d\u2019\u00eatre heureux quand \u00e7a va mal, Rudy Milstein tente de monter son premier film, Je ne suis pas un h\u00e9ros, un film sur le cancer. Le sujet inqui\u00e8te, refroidit, bloque les financements. \u00ab\u00a0On me disait qu\u2019on ne pouvait pas parler de tel sujet, que ce n\u2019\u00e9tait pas montrable au cin\u00e9ma.\u00a0\u00bb La pi\u00e8ce na\u00eet dans un moment de rage. \u00ab Je me suis dit : je vais faire un pot-pourri de tous les th\u00e8mes interdits au cin\u00e9ma, et je vais faire des blagues l\u00e0-dessus. \u00bb Le th\u00e9\u00e2tre engage moins d\u2019argent, moins d\u2019interlocuteurs, moins de contr\u00f4le. L\u00e0 o\u00f9 un film traverse des ann\u00e9es de validations anxieuses, le th\u00e9\u00e2tre offre une imm\u00e9diatet\u00e9. Un rapport direct au spectateur. La possibilit\u00e9 d\u2019ajuster, de retirer, de modifier.<\/p><p>\u00ab\u00a0Je pense \u00e0 des com\u00e9dies de boulevard qui sont hilarantes, et c&#8217;est aussi un acte politique de se dire, pendant une heure et demie, on va faire que rire alors que le monde est en train de s&#8217;\u00e9crouler derri\u00e8re. C&#8217;est un acte absurde, mais qui nous emp\u00eache de ne pas tomber dans le d\u00e9sespoir.\u00a0\u00bb Cette libert\u00e9 nous rappelle que ce n\u2019est pas un hasard si le rire est l\u2019un des contre-pouvoirs d\u00e9mocratiques les plus surveill\u00e9s. En Cor\u00e9e du Nord, Kim Jong-un est all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019interdire pendant onze jours, pour comm\u00e9morer la mort de son p\u00e8re.\u00a0<\/p><p>Sortir de la stupeur.\u00a0<\/p><p>Le rire est aussi, pour lui, \u00ab\u00a0un moyen de sortir de la stupeur, de la sid\u00e9ration quand il nous arrive des trucs horribles. Tant que j\u2019arrive \u00e0 faire des blagues, je n\u2019ai pas besoin de prendre mon antid\u00e9presseur. \u00bb<\/p><p>Et encore :<br \/>\u00ab Le jour o\u00f9 je n\u2019arriverai plus \u00e0 faire des blagues, je demanderai \u00e0 ma psy de me prescrire des m\u00e9dicaments plus forts. (\u2026) \u00c9crire part aussi de rage, de col\u00e8re, d\u2019injustice, de besoin de poser des questions qui sont trop angoissantes pour rester \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. \u00bb<\/p><p>Rudy Milstein continue de transformer la rage en com\u00e9die. Une nouvelle pi\u00e8ce est en pr\u00e9paration, autour de la g\u00e9n\u00e9tique pr\u00e9dictive. Des tests capables de dire, \u00e0 l\u2019avance, les maladies qu\u2019un enfant d\u00e9veloppera peut-\u00eatre. Une m\u00e8re d\u00e9couvre les r\u00e9sultats de son fils. Elle a alors la possibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9changer avec un autre b\u00e9b\u00e9. La pi\u00e8ce se construit autour de cette question impossible et de ses cons\u00e9quences.<\/p><p>En parall\u00e8le, un film est en financement autour de la place de la communaut\u00e9 juive aujourd\u2019hui. \u00ab Qu\u2019est-ce que c\u2019est d\u2019\u00eatre juif de gauche aujourd\u2019hui ? Est-ce que c\u2019est encore possible ? \u00bb Peut-on vivre avec quelqu\u2019un qui ne pense pas comme soi. Peut-on encore penser contre soi-m\u00eame.\u00a0<\/p><p>Rire, ici, ne nous offrira pas la r\u00e9ponse, mais nous donnera la force de ne pas renoncer malgr\u00e9 ce vide et son absurdit\u00e9.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur et metteur en sc\u00e8ne, Rudy Milstein prouve que le pire est le meilleur terrain d\u2019exp\u00e9rimentation du rire. 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