{"id":2463,"date":"2026-03-10T16:31:35","date_gmt":"2026-03-10T15:31:35","guid":{"rendered":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/?p=2463"},"modified":"2026-03-10T16:59:45","modified_gmt":"2026-03-10T15:59:45","slug":"a-la-rencontre-delie-benamozegh","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/a-la-rencontre-delie-benamozegh\/","title":{"rendered":"\u00c0 la rencontre d\u2019Elie Benamozegh"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"2463\" class=\"elementor elementor-2463\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-31176523 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"31176523\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-67ad7a7 elementor-widget elementor-widget-heading elh-el heading\" data-id=\"67ad7a7\" data-element_type=\"widget\" data-settings=\"{&quot;design_style&quot;:&quot;style_3&quot;}\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t        <div class=\"tf-section-heading tf-section-heading__with-border pl-65\">\n            <h2 class=\"tf-title mb-0\">Isra\u00ebl et l'Humanit\u00e9 d'Elie Benamozegh (1823-1900) est publi\u00e9 \u00e0 titre posthume en 1914. Rabbin, lecteur de la Kabbale et de Spinoza, il cherche \u00e0 concilier la possibilit\u00e9 de l'orthodoxie juive avec une forme nouvelle d'universalisme qui ne serait pas extension du domaine de son influence. C\u2019est alors que le noahisme appara\u00eet comme la cl\u00e9 pour r\u00e9inventer une humanit\u00e9 unie sur des bases nouvelles qui permettent d\u2019accepter autrui dans sa diff\u00e9rence tout en reconnaissant au peuple juif non pas une quelconque sup\u00e9riorit\u00e9, mais une responsabilit\u00e9 infiniment plus grande.\u00a0                <span class=\"border-shape hide-after\"><\/span>\n            <\/h2>\n        <\/div>\n\n        \n        \t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-4eb6c1a6 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"4eb6c1a6\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><span style=\"font-weight: 400;\">La p\u00e9riode des f\u00eates de Tishri, o\u00f9 l&#8217;on se concentre comme un seul homme, en tant que peuple, devant le jugement divin, est l&#8217;occasion de nous interroger sur la place de nous autres, Juifs, dans le th\u00e9\u00e2tre du monde qui nous entoure.\u00a0<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">La Haftarah de l\u2019apr\u00e8s-midi de Yom Kippour [1] relate l\u2019histoire de Jonas qui re\u00e7oit de D.ieu l\u2019ordre d\u2019annoncer \u00e0 Ninive, ville assyrienne, qu\u2019elle doit se repentir pour son absence de moralit\u00e9. Dans un premier temps, il refuse : comment pourrait-il plaider pour la mis\u00e9ricorde d\u2019un peuple ennemi ? Il fuit vers Jaffa, mais D.ieu le ram\u00e8ne \u00e0 sa mission. Le livre de Jonas annonce la couleur morale du devoir de la nation biblique d\u2019Isra\u00ebl: Jonas, en tant que proph\u00e8te d\u2019Isra\u00ebl, a pour mission d\u2019apporter la voix de la droiture \u00e0 la nation voisine.\u00a0<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">La question du lien privil\u00e9gi\u00e9 du peuple juif avec D.ieu, dans la perspective religieuse, a eu un impact consid\u00e9rable sur le monde juif. Si le paradigme dont rel\u00e8ve la vie juive est celui\u00a0 de l\u2019\u00e9lection par D.ieu, comment peut-elle pr\u00e9tendre \u00e0 une vocation universelle ? C\u2019est ici que se joue le c\u0153ur du probl\u00e8me entre universalisme et \u00e9lection. Deux solutions oppos\u00e9es s\u2019affrontent.\u00a0<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">La premi\u00e8re cherche \u00e0 effacer l\u2019\u00e9lection et \u00e0 dissoudre la singularit\u00e9 juive dans une humanit\u00e9 abstraite en transformant le Juif concret en pur symbole universel, en un \u201chomme de l&#8217;id\u00e9e\u201d [2], d\u00e9tach\u00e9 de sa chair, de son histoire et de sa Loi. Cette recherche d\u2019universalisme par refus du particulier juif est le produit d\u2019une universalit\u00e9 d\u2019inspiration chr\u00e9tienne, n\u00e9e avec Paul. L\u2019ap\u00f4tre, en proclamant qu\u2019\u00ab il n\u2019y a plus ni Juif ni Grec \u00bb, substitue \u00e0 l\u2019\u00e9lection d\u2019Isra\u00ebl une appartenance spirituelle nouvelle, fond\u00e9e sur le Christ, un universel ouvert \u00e0 tous et surtout priv\u00e9 de l\u2019habitus juif. Ce d\u00e9placement du centre de gravit\u00e9, de l\u2019alliance vers la conversion, a profond\u00e9ment marqu\u00e9 la mani\u00e8re dont l\u2019Occident a pens\u00e9 la tension entre particularisme et universel : il ne s\u2019agit plus d\u2019accueillir la diff\u00e9rence, mais de la d\u00e9passer.<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">La seconde, inversement, rend absolue la diff\u00e9rence, refuse la mission universelle d\u2019Isra\u00ebl et enferme l\u2019\u00e9lection dans un particularisme clos. Telle est l\u2019erreur de Jonas : vouloir pr\u00e9server la puret\u00e9 du lien \u00e0 D.ieu en refusant d\u2019aller vers Ninive, oublier que cette intimit\u00e9 avec le divin n\u2019a de sens que si elle se tourne vers le monde.<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Comment, d\u00e8s lors, sortir de cette dualit\u00e9 ? Comment concilier fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 cette \u00e9lection et ouverture \u00e0 l\u2019universalit\u00e9 humaine ? Est-il possible d\u2019\u00eatre profond\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 cette alliance, v\u00e9cue comme une union presque conjugale avec le divin, tout en reconnaissant la dignit\u00e9 spirituelle de tous les peuples ?<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est \u00e0 ce moment qu<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">&#8216;Isra\u00ebl et l\u2019Humanit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> d\u2019Elie Benamozegh entre en jeu. Le titre a de quoi intriguer. On pourrait croire, \u00e0 premi\u00e8re vue, qu&#8217;Isra\u00ebl serait exclu de l\u2019humanit\u00e9. Que nous, Juifs, ne serions pas humains, ou que l\u2019humanit\u00e9 ne pourrait jamais int\u00e9grer Isra\u00ebl dans son r\u00e9cit. Et pourtant, plonger dans les \u00e9crits de ce rabbin du XIXe si\u00e8cle, c\u2019est d\u00e9couvrir un univers de pens\u00e9e qui semble r\u00e9pondre \u00e0 cette tension entre la soif d\u2019universel \u00e0 laquelle nous pouvons aspirer et la contrainte du particularisme qu\u2019implique le quotidien du Juif, et son \u00e9lection prolifiquement d\u00e9crite dans ses textes.\u00a0<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Elie Benamozegh, rabbin livournais aux origines marocaines, \u00e9crivant en italien, fran\u00e7ais et h\u00e9breu, est un penseur aux multiples facettes. On lui attribue une influence \u00e9norme sur le monde juif : il fut le ma\u00eetre de Modigliani, inspira Lacan, et figura parmi les esprits qui pr\u00e9par\u00e8rent le terrain pour Vatican II. Sa pens\u00e9e tente de concilier tradition et universalit\u00e9, orthodoxie et ouverture sur le monde, ce qui lui aura valu la circonspection tant des milieux intellectuels r\u00e9form\u00e9s \u2013 \u00e0 cause de son attachement \u00e0 la Loi et \u00e0 la mystique \u2013 que des cercles orthodoxes.\u00a0<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Isra\u00ebl et l\u2019humanit\u00e9<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, Elie Benamozegh propose une conception radicale du r\u00f4le du peuple juif dans le monde, fond\u00e9e sur son \u00e9tude de la Kabbale, la mystique juive. Il \u00e9crit : \u00ab\u00a0Isra\u00ebl appara\u00eet comme le c\u0153ur de l&#8217;Humanit\u00e9 avec une fonction toute particuli\u00e8re et la glorieuse mission de travailler \u00e0 l&#8217;unit\u00e9 future de tout le genre humain\u00a0\u00bb (p.406). Cette id\u00e9e s\u2019inspire de la tradition kabbalistique, selon laquelle le peuple juif porte en lui une lumi\u00e8re destin\u00e9e \u00e0 illuminer le monde entier. Le peuple juif n\u2019existe pas pour lui-m\u00eame seul, mais en relation avec l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re ; le destin particulier d\u2019Isra\u00ebl est ins\u00e9parable du destin collectif. Ainsi, la particularit\u00e9 juive n\u2019est pas une fin en soi, mais un point de germination de l\u2019universel, un universel par inclusion de la diff\u00e9rence.\u00a0<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans cette perspective, Isra\u00ebl est \u201cle noyau de l\u2019unification du genre humain\u201d, pour citer le penseur italien Vincenzo Gioberti. L\u00e0 encore, l\u2019\u00e9lection n\u2019est pas un privil\u00e8ge exclusif, mais une responsabilit\u00e9 universelle : Isra\u00ebl conserve sa singularit\u00e9, tout en servant de centre de gravit\u00e9 et de m\u00e9diateur pour l\u2019unit\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re.<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Comme le remarque Ma\u00efmonide dans les derniers chapitres de son <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Mishne Torah <\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">[3], l\u2019\u00e8re messianique repr\u00e9sente une affirmation ultime de la v\u00e9rit\u00e9 telle que le juda\u00efsme la comprend\u00a0:\u00a0D.ieu r\u00e9gnera sur le monde, mais les peuples du monde ne se convertiront pas tous au juda\u00efsme et n\u2019observeront pas la Loi juive. La paix ne r\u00e9side pas dans l\u2019effacement des diff\u00e9rences, mais dans la transformation des relations entre les peuples. Pour faire \u00e9cho \u00e0 une autre Haftarah de Yom Kippour, celle d&#8217;Isa\u00efe [3], le loup restera le loup, et l\u2019agneau restera l\u2019agneau, mais le loup n\u2019attaquera plus l\u2019agneau ; ce qui change est seulement le lien entre eux et non leur nature.<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Benamozegh reprend cette id\u00e9e dans une perspective \u00e0 la fois \u00e9thique et spirituelle, qu\u2019il appelle Noachisme, nom tir\u00e9 du Noah (No\u00e9) biblique. Chaque peuple peut garder son identit\u00e9 religieuse, mais tous doivent partager un noyau commun de valeurs fondamentales, port\u00e9 par le peuple juif, qui permet de r\u00e9v\u00e9ler la pr\u00e9sence du divin dans le profane : abandon de la violence, de l\u2019oppression et du vol, respect de l\u2019humain et de la justice. Le particularisme juif n\u2019est pas une fronti\u00e8re, mais un moteur, celui qui permet aux nations d\u2019acc\u00e9der au divin par l\u2019Humanit\u00e9, \u00e0 l\u2019intersection de l\u2019\u00e9thique et du spirituel.\u00a0<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Ainsi, son universalit\u00e9 est double : th\u00e9ologique et \u00e9thique. Sur le plan th\u00e9ologique, elle reconna\u00eet que D.ieu agit pour tous et que chaque peuple a sa part dans le plan divin ; sur le plan \u00e9thique, elle insiste sur la responsabilit\u00e9 universelle particuli\u00e8re \u00e0 la nation d&#8217;Isra\u00ebl : le peuple juif, tout en restant fid\u00e8le \u00e0 Sa Loi, doit \u0153uvrer pour le bien commun. Pour rester fid\u00e8le \u00e0 Sa Loi, il faut \u0153uvrer pour le bien commun.\u00a0<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce qu\u2019il y a de f\u00e9cond chez Benamozegh, c\u2019est cet id\u00e9al lumineux de confiance et d\u2019ouverture\u00a0: le Juif, ancr\u00e9 dans son particularisme, peut s\u2019ouvrir \u00e0 l\u2019universel, et cette ouverture n\u2019est pas une eau ti\u00e8de, n\u2019est pas un compromis fait \u00e0 la rigueur de la vie juive. Dialogue, respect et humanit\u00e9 ne sont pas un affaiblissement de la pens\u00e9e. Jonas a eu tort lorsqu\u2019il a refus\u00e9 de transmettre la proph\u00e9tie divine \u00e0 Ninive; son refus lui a valu un exil dans les entrailles d\u2019un grand poisson. Rav Benamozegh, en donnant au particularisme juif une vocation universelle, invite ses lecteurs \u00e0 garder consciemment la t\u00eate hors de l\u2019eau.<\/span><\/p><p>\u00a0<\/p><p>\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Notes :\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">[1] Jonas 1:1-4:11<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">[2] Catherine Chalier d\u00e9veloppe dans son article \u201c\u00a0Universalisme et Juda\u00efsme\u00a0\u201d le proc\u00e8s du juda\u00efsme fait par la chr\u00e9tient\u00e9 au nom de l\u2019universalisme\u00a0: le Juif, en conservant le particularisme de ses lois, refuse l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de l\u2019universel pr\u00each\u00e9 par Paul. L\u2019\u00e9lection du peuple juif se fait par le don de la Loi, cette m\u00eame Loi qui lui refuse l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019universel par le particularisme de son exercice. Ici, en refusant la Loi, le Juif universel en devient un \u201chomme de l\u2019id\u00e9e\u201d.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">[3] Chapitre 12, Sefer Shoftim, Hilkhot Melakhim.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">[4] Isa\u00efe 11:6. <\/span><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Isra\u00ebl et l&#8217;Humanit\u00e9 d&#8217;Elie Benamozegh (1823-1900) est publi\u00e9 \u00e0 titre posthume en 1914. Rabbin, lecteur de la Kabbale et de Spinoza, il cherche \u00e0 concilier la possibilit\u00e9 de l&#8217;orthodoxie juive avec une forme nouvelle d&#8217;universalisme qui ne serait pas extension du domaine de son influence. C\u2019est alors que le noahisme appara\u00eet comme la cl\u00e9 pour r\u00e9inventer une humanit\u00e9 unie sur des bases nouvelles qui permettent&#8230; <\/p>\n<p class=\"more\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/a-la-rencontre-delie-benamozegh\/\">Read More<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":56,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[39,48],"tags":[],"class_list":["post-2463","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pensees-juives","category-tous-les-articles","is-cat-link-borders-light is-cat-link-rounded"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2463","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/users\/56"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2463"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2463\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2472,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2463\/revisions\/2472"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2463"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2463"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2463"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}