{"id":1170,"date":"2026-02-09T21:00:55","date_gmt":"2026-02-09T20:00:55","guid":{"rendered":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/?p=1170"},"modified":"2026-02-09T21:30:36","modified_gmt":"2026-02-09T20:30:36","slug":"manifeste-de-nouvelles-voix-selevent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/manifeste-de-nouvelles-voix-selevent\/","title":{"rendered":"Manifeste : de nouvelles voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent.\u00a0"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1170\" class=\"elementor elementor-1170\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-7114e78 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"7114e78\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-ce5d29f elementor-widget elementor-widget-heading elh-el heading\" data-id=\"ce5d29f\" data-element_type=\"widget\" data-settings=\"{&quot;design_style&quot;:&quot;style_3&quot;}\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t        <div class=\"tf-section-heading tf-section-heading__with-border pl-65\">\n            <h2 class=\"tf-title mb-0\">Pourquoi relancer aujourd\u2019hui\u00a0 Tohu Bohu, l\u2019ancienne revue de l\u2019UEJF, qui n\u2019existait plus depuis pr\u00e8s de 13 ans ? Pourquoi avoir choisi \u201cDifficile espoir\u201d comme premier th\u00e8me ? Qu\u2019est-ce que l\u2019espoir peut avoir de difficile ? Pourquoi ne peut-on pour autant pas l\u2019abandonner ? Qu\u2019est-ce qu\u2019un \u00e9tudiant juif dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui et quelle est sa place \u00e0 l\u2019universit\u00e9 ? Qui peut se poser toutes ces questions ? Ce texte \u00e9crit par le nouveau r\u00e9dacteur en chef tentera d\u2019y apporter des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse.\u00a0                <span class=\"border-shape hide-after\"><\/span>\n            <\/h2>\n        <\/div>\n\n        \n        \t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-6a6e0f21 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"6a6e0f21\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-3690a580 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"3690a580\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>Pourquoi parler de difficile espoir ? Difficile espoir est une expression-valise qui se compose du &#8220;Difficile libert\u00e9\u201d de Levinas et de \u201cL\u2019espoir, maintenant !\u201d de Sartre et Benny L\u00e9vy. Il a sembl\u00e9 important de le pr\u00e9ciser parce que ces textes sont en partie ce qui a motiv\u00e9 la reprise de la revue et influencent la r\u00e9flexion qui va suivre.\u00a0<\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Qu\u2019est-ce que l\u2019espoir ? C\u2019est un sentiment qui nous pousse \u00e0 croire qu\u2019un ensemble d\u2019actions en train de se r\u00e9aliser ou qui se r\u00e9alisera dans le futur se r\u00e9v\u00e8lera favorable \u00e0 l\u2019individu ou au groupe social auquel il appartient. Dans son pr\u00e9sent, l\u2019homme agit toujours en visant un objet futur. L\u2019action de l\u2019homme vise toujours le futur. C\u2019est cette projection dans l\u2019avenir que nous appelons espoir et c\u2019est pourquoi l\u2019espoir fait partie de l\u2019homme. Dans la mani\u00e8re d\u2019agir, il y a l\u2019espoir, c\u2019est-\u00e0-dire le fait m\u00eame de poser une fin comme devant \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Le probl\u00e8me qui se pose est que l\u2019espoir est in\u00e9vitablement d\u00e9\u00e7u. En effet, le sens de l\u2019action d\u2019un homme est sa fin. Or, cette fin m\u00e8ne toujours \u00e0 un \u00e9chec absolu. Nous n&#8217;atteignons jamais exactement la fin vis\u00e9e et les choses ne se passent jamais comme on l\u2019aurait esp\u00e9r\u00e9. Toute action conduit donc \u00e0 l\u2019\u00e9chec.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Premi\u00e8re raison du difficile espoir : l\u2019espoir, \u00e7a signifie que je ne peux pas entreprendre une action sans compter que je vais la r\u00e9aliser. Mais la r\u00e9alisation n\u2019est jamais celle vis\u00e9e. Et pourtant, l\u2019espoir est une n\u00e9cessit\u00e9. En effet, l\u2019homme n\u2019agit jamais, n\u2019entreprend jamais une action sans partir du principe qu\u2019il va la r\u00e9aliser. L\u2019espoir n\u2019est donc pas une illusion, mais est dans la nature m\u00eame de l\u2019action. C\u2019est le rapport qu&#8217;entretient l\u2019homme avec sa fin, qu\u2019il r\u00e9alise effectivement cette fin ou non.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Un probl\u00e8me se pose d\u00e8s lors que nous faisons face \u00e0 une situation de crise extr\u00eame\u00a0; que nos conditions mat\u00e9rielles d\u2019existence sont menac\u00e9es\u00a0; que le moindre \u00e9cart avec la fin projet\u00e9e peut mener \u00e0 la fuite, \u00e0 l\u2019expulsion ou aux camps de la mort\u00a0: cet espoir, d\u00e9j\u00e0 bien difficile, peut se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre fatal. L\u2019homme fait alors face \u00e0 une exigence vis-\u00e0-vis de lui-m\u00eame et de son action. C\u2019est cette exigence qui est en jeu chez Levinas. La difficile libert\u00e9 de Levinas, c\u2019est cette responsabilit\u00e9 qui br\u00fble en moi, cette exigence infinie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de soi, une infinie responsabilit\u00e9. La difficult\u00e9 r\u00e9side dans l\u2019\u00e9lection. \u00c9lection parce que je ne l\u2019ai pas choisie, mais je suis \u00e9lu pour la responsabilit\u00e9. Comment \u00eatre \u00e0 la hauteur de la libert\u00e9, de cette exigence infinie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de soi ? \u00c0 cette question fait \u00e9cho celle de savoir comment\u00a0 \u00eatre \u00e0 la hauteur de l\u2019espoir\u00a0: comment \u00eatre \u00e0 la hauteur de la situation, situation qui appelle \u00e0 l\u2019action, appel dont je ne puis me d\u00e9rober mais qui me conduit in\u00e9luctablement \u00e0 l\u2019\u00e9chec\u00a0?<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Vouloir se montrer \u00e0 la hauteur de l\u2019espoir, c\u2019est chercher \u00e0 atteindre cette hauteur infinie. La difficult\u00e9 de l\u2019espoir, c\u2019est le risque de son impossibilit\u00e9. L\u2019expression difficile espoir pourrait alors s\u2019entendre en un sens hyperbolique, difficile signifiant ici <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">impossible<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> espoir. Impossible et pourtant n\u00e9cessaire. Pourquoi n\u00e9cessaire ? Car il est le principe de l\u2019action. L\u2019homme ne fait rien sans lui. Comment serait-il alors possible de garder espoir\u00a0? L\u2019espoir semble impossible tout en demeurant n\u00e9cessaire. Sans lui, pas d\u2019action et l\u2019homme serait pure passivit\u00e9 dans l\u2019existence. D\u00e8s lors, comment rendre l\u2019espoir possible ? R\u00e9pondons \u00e0 cette question \u00e0 la mani\u00e8re talmudique, c\u2019est-\u00e0-dire par une autre question et en d\u00e9pla\u00e7ant un peu le d\u00e9bat\u00a0: pourquoi le Tohu Bohu ? Parce que l\u2019action militante ne permet pas de prendre conscience de la difficult\u00e9 de l&#8217; espoir.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">On appelle militant celui qui ne se pose pas cette question parce qu\u2019il ne peut pas se poser cette question sans conduire \u00e0 sa propre ruine. Si le militant se demande si l\u2019espoir est possible, s\u2019il se pose la question de son fondement l\u00e9gitime ou celle de la possibilit\u00e9 de n\u2019en avoir pas, il prend le risque de sombrer dans le nihilisme et de renverser tout ce qu\u2019il est, tout ce qu\u2019il fait, tout ce pour quoi il se bat et de neutraliser tout ce qui, jusqu\u2019alors, donnait \u00e0 sa vie un sens. Le militant n\u2019agit que parce qu\u2019il a l\u2019espoir de voir son action changer le cours du monde selon sa volont\u00e9 et ses id\u00e9aux. Mais s&#8217;il perd cet espoir, il perd sa raison m\u00eame d\u2019\u00eatre. Il est impossible d\u2019agir tout en remettant en question le fondement m\u00eame de son acte au moment m\u00eame de l\u2019accomplir. Cet acte dont la conviction serait alt\u00e9r\u00e9e perdrait alors en vigueur et en impact ; ce qu\u2019il gagnerait en puissance r\u00e9flexive, il le perdrait en force pulsionnelle. Lorsque le militant agit, l\u2019espoir est un postulat toujours pr\u00e9sent, mais jamais questionn\u00e9.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Il n\u2019est pourtant pas possible d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la question du difficile espoir. Cette question est bien trop importante en tant qu\u2019elle interroge le fondement m\u00eame de toute action. Derri\u00e8re la question du difficile espoir, c\u2019est le sens m\u00eame de l\u2019existence \u2013 politique ou non \u2013 qui est en jeu. Il n\u2019est alors pas possible de ne pas poser la question de la difficult\u00e9 de l\u2019espoir.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Mais cette question ne peut se poser dans le cadre m\u00eame du militantisme sans conduire au risque d\u2019un effondrement sous l\u2019effet des contradictions internes. La question de l\u2019espoir et de sa difficile impossibilit\u00e9 est n\u00e9cessaire et pourtant impossible dans le champ m\u00eame de l\u2019action militante. Elle ne peut, par cons\u00e9quent, que se poser dans un espace ext\u00e9rieur \u00e0 l\u2019action militante (au sein de l\u2019UEJF, mais pas uniquement). Le Tohu Bohu sera alors un espace de r\u00e9flexion qui permettra de dire et de penser tout ce qu\u2019il n\u2019\u00e9tait jusqu\u2019alors pas possible de dire et de penser lorsque l\u2019on se trouvait au c\u0153ur de l\u2019action militante.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Si le premier th\u00e8me de ce nouveau Tohu Bohu est \u201cdifficile espoir\u201d, c&#8217;est pour la raison que l\u2019existence de cette revue \u00e9tudiante est au c\u0153ur de la question de l\u2019espoir et de sa possibilit\u00e9. Le Tohu Bohu n\u2019est pas l\u2019organe de presse de l\u2019UEJF ; il n\u2019est pas une usine \u00e0 principes doctrinaux et \u00e0 comptes-rendus de congr\u00e8s. Le Tohu Bohu a un pied en dehors de l\u2019action militante. Il n\u2019est pas que le fait de militant. Il est le fait de regards critiques sur l\u2019action militante, sur le militantisme et sur sa possibilit\u00e9. Soit le Tohu Bohu est militant et ne peut donc pas se poser cette question ; soit il veut se poser cette question et ne peut alors pas \u00eatre un geste militant, mais ce qui entend r\u00e9fl\u00e9chir et poser les conditions de possibilit\u00e9 de l\u2019action \u00e9tudiante militante et politique. Nous avons choisi la deuxi\u00e8me option.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est pourquoi le Tohu Bohu est une revue \u00e9tudiante juive.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Qu\u2019est-ce qu\u2019un \u00e9tudiant juif ? L\u2019\u00e9tudiant juif est l\u2019enfant ill\u00e9gitime de l\u2019union entre la condition \u00e9tudiante et la politique, union qui a eu lieu en mai 1968. Si la politisation des \u00e9tudiants ne date \u00e9videmment pas de ce temps-l\u00e0 [1], les ann\u00e9es 1960 marquent l\u2019essor d\u2019une politisation des \u00e9tudiants en tant qu\u2019\u00e9tudiants et d\u2019une r\u00e9flexion sur le sens, la place et le r\u00f4le de la condition \u00e9tudiante au sein de la vie politique. Cet \u00e9tudiant, bien souvent r\u00e9volutionnaire, se caract\u00e9rise par la n\u00e9gation du savoir institutionnel et des hi\u00e9rarchies universitaires. Le Juif en est exclu de deux mani\u00e8res\u00a0: 1) Les luttes de Mai 68 et leur h\u00e9ritage font l\u2019\u00e9conomie du probl\u00e8me juif. Le Juif ne prend pas une place sp\u00e9cifique dans ces luttes comme celle qu\u2019ont pu prendre le prol\u00e9taire, le travailleur immigr\u00e9, la femme ou les minorit\u00e9s sexuelles 2) Le mouvement r\u00e9volutionnaire \u00e9tudiant entendant d\u00e9truire le savoir ancien, il se fait la n\u00e9gation de ce qui a pu prendre le nom de Juif de savoir [2], autrement dit\u00a0: c\u2019est la n\u00e9gation du Juif qui, pour trouver sa place dans la soci\u00e9t\u00e9, a fait sien ce m\u00eame savoir, et pour cela a d\u00fb donc nier sa sp\u00e9cificit\u00e9 juive au profit de l\u2019assimilation. Son existence publique (comme signifiant politique ext\u00e9rieur) perd alors de son caract\u00e8re juif, mais son identit\u00e9 premi\u00e8re et proprement intime l\u2019emp\u00eache de se reconna\u00eetre dans le monde ext\u00e9rieur qu\u2019est celui de l\u2019universit\u00e9. Il s\u2019en trouve ainsi doublement exclus\u00a0: comme Juif, d\u2019une part, et comme \u00e9tudiant, d\u2019autre part.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Depuis plus d\u2019une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es \u2013 et d\u2019une mani\u00e8re encore plus forte et visible depuis le 7\u00a0octobre \u2013 on observe une n\u00e9gation de ce qu\u2019a \u00e9t\u00e9 le Juif lorsqu\u2019il souhaitait faire sien le savoir occidental. L\u2019\u00e9tudiant juif n\u2019aurait-il pas sa place \u00e0 l\u2019universit\u00e9\u00a0? On cherche \u00e0 minimiser son existence, \u00e0 le faire taire et \u00e0 le supprimer de l\u2019\u00e9quation en tant qu\u2019il repr\u00e9sente une anomalie dans le rapport que les \u00e9tudiants de cette vieille Europe entendent entretenir avec ce savoir qui leur est suffisamment acquis pour se permettre de le d\u00e9daigner.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Mais cette exclusion n\u2019est pas une anomalie. Elle est la cl\u00e9 qui nous permet d\u2019enfin comprendre qui nous sommes, \u00e9tudiants juifs.\u00a0 La n\u00e9gation de la n\u00e9gation qui s\u2019op\u00e8re ici \u2013 et que le Tohu Bohu s\u2019efforcera de mettre en avant tout au long de son existence \u2013 qui sera, nous l\u2019esp\u00e9rons, aussi longue que possible \u2013 nous l\u2019appellerons la restitution de notre identit\u00e9 par la n\u00e9gation m\u00eame de ce qu\u2019a cherch\u00e9 \u00e0 \u00eatre le Juif, un \u00e9tudiant comme les autres, renvoy\u00e9 qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 sa condition initiale et premi\u00e8re de Juif. Cette identit\u00e9 restitu\u00e9e, c\u2019est ce qui nous permet enfin de penser notre condition dans toute sa complexit\u00e9, dans toute sa concr\u00e9tude, sans faire abstraction de toutes les d\u00e9terminations qui sont les siennes. Il ne s\u2019agit plus de nous penser simplement comme Juif ou comme simplement \u00e9tudiant, mais de penser une existence complexe, concr\u00e8te et sp\u00e9cifique qu\u2019on appelle celle de l\u2019\u00e9tudiant-Juif [3]. L\u2019\u00e9tudiant-Juif n\u2019est pas simplement un Juif qui se trouverait, par les hasards de la vie, \u00eatre \u00e9galement un \u00e9tudiant ou encore un \u00e9tudiant que la naissance aurait fait \u00e9galement juif ; l\u2019\u00e9tudiant-Juif est un \u00eatre sp\u00e9cifique, ni seulement Juif, ni seulement \u00e9tudiant, mais les deux \u00e0 la fois, l\u2019un ne pouvant aller sans l\u2019autre sans voir l\u2019\u00e9difice complexe qu\u2019il constitue s\u2019effondrer. L\u2019\u00e9tudiant-Juif conserve les donn\u00e9es de la condition \u00e9tudiante \u2013 ses int\u00e9r\u00eats particuliers, son environnement, son d\u00e9sir d\u2019\u00e9mancipation, sa r\u00e9volte, son inventivit\u00e9 juv\u00e9nile, son rapport au savoir \u2013\u00a0 tout en embrassant et faisant sienne de nouveau cette identit\u00e9 premi\u00e8re \u00e0 laquelle il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois arrach\u00e9 et sans cesse renvoy\u00e9.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Le Tohu Bohu sera alors le lieu o\u00f9 se manifestera dans toute sa gloire cette prise de conscience, ce retour \u00e0 soi enrichi par l\u2019exp\u00e9rience \u00e9tudiante et o\u00f9 l\u2019on r\u00e9fl\u00e9chira aux mani\u00e8res de rendre possible, dans son contenu m\u00eame, une action proprement \u00e9tudiante-juive\u00a0 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et sur la sc\u00e8ne du monde. Ce sont ici des voix nouvelles qui s\u2019\u00e9l\u00e8veront pour porter ce projet. Et cette gloire ne pourra que s\u2019imposer dans une \u00e9vidence qui \u00e9blouira le public sans le moindre doute possible sur ce que nous sommes.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Notes :<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">[1] Pour un cas pr\u00e9cis de politisation des \u00e9tudiants avant les ann\u00e9es 1960, voir J.-F. Sirinelli, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">G\u00e9n\u00e9ration intellectuelle. Kh\u00e2gneux et Normaliens dans l\u2019entre-deux-guerres<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">[2] Sur le sens de cette expression, voir l&#8217;\u0153uvre de Jean-Claude Milner et plus particuli\u00e8rement du c\u00f4t\u00e9 des <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Penchants criminels de l\u2019Europe d\u00e9mocratiques<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Juif de savoir<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> et de <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019arrogance du pr\u00e9sent<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">.\u00a0<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">[3] Une note pour expliquer l\u2019expression \u00e9tudiant-Juif, avec un tiret et une majuscule \u00e0 Juif s\u2019impose. Il s\u2019agit de sortir de l\u2019impasse \u00e0 laquelle nous conduirait le d\u00e9placement sur la condition \u00e9tudiante de l\u2019\u00e9ternel d\u00e9bat, aussi st\u00e9rile que interminable, qui existe d\u00e9j\u00e0\u00a0 sur le lien du Juif avec la nation (Juif fran\u00e7ais ou Fran\u00e7ais juif). En forgeant le terme d\u2019\u00e9tudiant-Juif, nous entendons d\u00e9passer la pr\u00e9dication d\u2019un des deux termes \u00e0 l\u2019autre pour penser, au contraire, la conjonction des deux substantifs de laquelle surgira un \u00eatre nouveau avec sa condition propre. <\/span><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pourquoi relancer aujourd\u2019hui\u00a0 Tohu Bohu, l\u2019ancienne revue de l\u2019UEJF, qui n\u2019existait plus depuis pr\u00e8s de 13 ans ? Pourquoi avoir choisi \u201cDifficile espoir\u201d comme premier th\u00e8me ? Qu\u2019est-ce que l\u2019espoir peut avoir de difficile ? Pourquoi ne peut-on pour autant pas l\u2019abandonner ? Qu\u2019est-ce qu\u2019un \u00e9tudiant juif dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui et quelle est sa place \u00e0 l\u2019universit\u00e9 ? Qui peut se poser toutes ces&#8230; <\/p>\n<p class=\"more\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/manifeste-de-nouvelles-voix-selevent\/\">Read More<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":40,"featured_media":2378,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[79,31,48],"tags":[],"class_list":["post-1170","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ledito-du-redacteur-en-chef","category-difficile-espoir","category-tous-les-articles","is-cat-link-borders-light is-cat-link-rounded"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/files\/2026\/01\/17916c93-0244-4239-8cb7-593da8d7ac37.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1170","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/users\/40"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1170"}],"version-history":[{"count":41,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1170\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2402,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1170\/revisions\/2402"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2378"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1170"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1170"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uejf.org\/tohubohu\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1170"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}