La ville israélienne d’Abou Gosh danse avec Paris @ParisMatch

Samedi, le Centre Créadanse accueillait à Paris une initiative audacieuse : celle des danseurs issus des «maisons chaleureuses», qui accueillent des jeunes juifs et arabes et les font cohabiter en Israël. 

Ils ont entre 14 et 18 ans, ils sont juifs et arabes, ils sont danseuses et danseurs et ils dégagent une énergie vitale et positive qui donne envie d’aimer la terre entière. Et Israël. Enfin, surtout ce village exemplaire de 7000 habitants au nord de Jérusalem: Abou Gosh, connu pour son houmous et son festival de musique vocale en mai. C’est grâce à son maire arabe israélien, Issa Jaber, et grâce à un psychanalyste franco-israélien que l’impensable a été rendu possible: faire cohabiter en bonne intelligence des juifs et des arabes comme si cette foutue guerre de 70 ans n’existait pas.

Comment ? Le Dr Henri Cohen-Solal a créé en Israël une dizaine de «maisons chaleureuses» qui accueillent les jeunes en déshérence, et Issa Jaber alloue une grande partie de son budget municipal à partager et stimuler les cultures juives et arabes d’Abou Gosh. «Faire accepter la mixité dans la troupe n’a pas été facile», conviennent-ils. Cultures, religions, psycho-rigidités… Ils ont cassé les barrières. Grâce à un mélange d’attention psychothérapeutique et de défoulement par le sport et la danse, l’un et l’autre ont compris que c’est par les jeunes que ce pays en souffrance pourra -peut-être- trouver la paix. Vu la bonne volonté de son gouvernement va-t-en guerre, on n’y est pas encore. N’empêche, à Abou Gosh, l’harmonie existe entre les frères ennemis. Et ça marche tellement bien que la méthode a dépassé les frontières du pays.  

Les «maisons chaleureuses» de Cohen-Solal, créées il y a plus de 35 ans, se sont ouvertes en Colombie, à Madagascar et ailleurs, dans les zones où la génération montante est abandonnée à la délinquance et à la drogue. Encore en devenir, ces ados sont récupérés, considérés, éduqués… Ils s’en sortent. En Israël, quand ils sont arabes, ils subissent une double peine, à cause des persécutions politiques qui s’ajoutent.

C’est en cela qu’Abou Gosh – et son maire – méritent un Prix Nobel. D’ailleurs la France ne s’y est pas trompée : Argenteuil, Sarcelles, Pantin, puis Paris 16ème… les accueillent avec curiosité. Jeunes danseurs, ils ont fait danser les banlieues de Paris et ses beaux quartiers. Dans certaines zones, grâce à ces pétillants Israéliens, les communautés juives et arabes se sont rencontrées pour la première fois. Campées sur leurs préjugés, elles ont découvert leurs voisins, commencé à casser les clichés. A Sarcelles, jumelée avec Abou Gosh, les équipes de foot des deux villes vont s’affronter en mai prochain!  

Lien vers l’article : http://www.parismatch.com/Actu/International/La-ville-israelienne-d-Abou-Gosh-danse-avec-Paris-1477679

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