L’avenir en commun que souhaite Mélenchon est un avenir en retrait

Dans deux jours, les citoyens français seront appelés à voter pour le prochain candidat à l’élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon rejoint le trio de tête, et il est aujourd’hui crédité d’environ 19% d’intentions de vote dans les sondages, et sa qualification au second tour semble probable.

Mais l’avenir en commun que souhaite Jean-Luc Mélenchon est un avenir en retrait. En retrait de l’Union Européenne, en retrait des valeurs républicaines et démocratiques.

En juillet 2014, une manifestation pro-palestinienne autorisée à Paris réunissait des syndicats et partis politiques d’extrême-gauche et le collectif Chekh Yassine. Ce char scandait : «Djihad Résistance, Hamas Résistance», en brandissant des fausses roquettes en carton. Non loin de là, des individus brûlaient des drapeaux d’Israël. Les jours qui suivaient, des émeutes pro-palestiniens dégénéraient en pogroms antisémites à Sarcelles ou rue de la Roquette.

Au lendemain, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve avaient condamné fermement ces émeutes et avaient appelé les élus de la majorité ayant manifesté à s’en désolidariser. Jean-Luc Mélenchon, dont le parti participait à ce rassemblement n’a eu aucun mot pour se désolidariser des propos et actes haineux qui s’y sont déroulés. Mais plus grave que son silence, selon lui, «les manifestants ont incarné mieux que quiconque les valeurs de la République».

Il y a quelques jours, lorsque Bernard Henri-Levy et Joan Sfar ont pris position pour dénoncer cette complaisance de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de l’antisionisme ou de l’antisémitisme, ils ont été harcelés sur les réseaux sociaux par des militants d’extrême-gauche qui ont tenu des propos antisémites à leur égard. Une fois n’est pas coutume, le silence de l’équipe de campagne du parti de gauche était assourdissant et cette complaisance envers l’antisémitisme révoltante.

C’est un autre vent de révolte que désire M. Mélenchon. Il propose un «dégagisme» des responsables politiques actuels pour créer une assemblée constituante qui mènerait le pays à la 6ème République. Un projet politique se construit à partir de modèles existants à travers le monde.

Quel est le projet de société que nous propose Jean-Luc Mélenchon ?

Celui de se rapprocher de dictatures sanglantes qui menacent les opposants politiques, bafouent la liberté de la presse et les droits de l’Homme.

Alors qu’il a théorisé les modalités de sortie des traités européens, il appelle de ses vœux à ce que la France rejoigne l’Alliance Bolivarienne dans son engagement n°62.

La France devrait donc selon lui, s’éloigner de l’Allemagne, de la Belgique, ou de l’Espagne pour se rapprocher de pays tels que l’Iran, la Syrie ou le Vénézuela qui font partie de cette Alliance bolivarienne (les deux premiers en tant que membres observateurs).

Mais quelles valeurs la France partage-t-elle avec ces pays ?

L’Iran organise chaque année un concours de caricatures négationnistes et pend les homosexuels sur la place publique. Selon The Economist Group, l’Iran est en 154eposition des pays démocratiques.

Quelles sont les valeurs que partage la République française avec la République islamique d’Iran ?

La Syrie de Bachar al-Assad, non contente d’être une alliée de l’Iran négationniste, est en guerre civile depuis 2011. Le boucher de Damas est responsable de la mort de près d’un demi-million de personnes, utilise des armes chimiques contre des civils et a causé l’exil de plusieurs millions de syriens à travers le monde. La Syrie est selon la même étude classée 166e (juste avant la Corée du Nord).

Quelles sont les valeurs que partage la République française avec la Syrie de Bachar al-Assad ?

Le Venezuela de Chavez ou de Maduro bafoue les droits de l’homme, les journalistes sont menacés, dénigrés et agressés. Le Front de Gauche si prompt à participer à des rassemblements contre les violences policières ne trouve rien à redire à un régime autoritaire qui tue des jeunes manifestants à Caracas. Le Venezuela fait office de bon élève face aux deux premiers, étant classé 107e. La France est elle classée à la 24eposition.

Quelles sont les valeurs que partage la République française avec le Venezuela de Maduro ?

A travers cette campagne présidentielle, M. Mélenchon a également multiplié les références et éloges de Vladimir Poutine, dont on connaît la tolérance pour les homosexuels, pour Robespierre, ou pour Fidel Castro.

Cette admiration pour des régimes autoritaires est déconcertante. Les droits de l’homme sont universels. Le populisme de Jean-Luc Mélenchon, son goût immodéré pour des dictatures, son désir de quitter les traités européens, son silence complaisant vis-à-vis de l’antisémitisme sont autant de dangers qui guettent notre démocratie.

Ne faisons pas la confusion entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite. Ces deux partis correspondent à des constructions historiques et politiques bien différentes. Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, le Front de gauche et son tropisme pour l’autoritarisme et l’isolement de la France constituent un danger pour la France.

Etudiants juifs de France, nous savons que l’avenir de notre pays s’inscrit non pas avec des régimes autoritaires mais avec nos partenaires européens. Ceux qui comme nous, chérissent l’universalité des Droits de l’Homme et qui œuvrent pour pacifier l’Europe après des siècles de guerres connus par nos ancêtres.

Le 23 avril, votons pour défendre la République et les valeurs fondatrices de l’Union Européenne. Parce que ce socle commun nous protège tous en tant que juifs et citoyens français.

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